Chroniques

« Fabriquer la ville »

« La qualité de la vie urbaine est notre affaire ».  C’est par cette phrase qu’a débuté le colloque International « Fabriquer la ville : un lieu d’intégration, de convivialité ou de ségrégation ? » qui s’est déroulé du 25 au 27 octobre dernier à Marseille. Un colloque riche, très diversifié avec de nombreuses tables rondes réunissant des urbanistes, architectes, sociologues, économistes, anthropologues, des artistes et des universitaires venus de quatre ports d’Europe et de Méditerranée en pleine transformation. L’autre aspect intéressant de ce colloque a été l’organisation de balades dans les différents quartiers de la ville intitulées « pensons avec les pieds », et ce afin de mieux constater les transformations urbaines.

Il faut rappeler que ce colloque faisait suite à un premier qui a eu lieu les 7 et 8 mars de cette année à Istanbul au lycée Notre Dame de Sion dans le cadre des colloques internationaux du projet pluriannuel « Villes à-venir : Marseille-Hambourg-Istanbul-Tanger ? ». L’initiative du projet appartient à l’association Les Amis du Roi des Aulnes, au Centre Franco-Allemand de Provence et au Goethe Institut, son objectif étant d’explorer des métropoles méditerranéennes et européennes. Ce second colloque a été organisé en coopération avec Pensons le Matin, un collectif basé sur le principe des universités populaires qui analyse depuis trois ans les articulations entre les questions de démocratie culturelle, les processus de gentrification (phénomène urbain d’embourgeoisement de quartier de culture populaire qui conduit à l’exclusion du centre-ville des populations pauvres ) et le droit à la ville pour tous.

Les trois journées du colloque se sont déroulées en grande partie à la Friche La Belle de Mai, un site de production artistique pluridisciplinaire créé en 1992 sur l’ancien site de Manufacture des tabacs de Marseille. Un espace public multiple avec un skate-park, un théâtre jeune public, des salles de spectacles et de concerts, des jardins, une librairie, une crèche… Bref, un village de 45000 m2 où toutes les formes d’expressions artistiques se retrouvent. Un lieu en parfait accord avec le thème du colloque qui veut lancer le débat sur le lien entre la culture et les multiples formes de ségrégation urbaine.

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 A une époque où les développements urbains conduisent à plus de ségrégation et à la montée de monolithisme dans nos villes, le colloque de Marseille a été l’occasion de débattre sur comment fabrique-t-on la ville et pour qui, mais aussi de démontrer les mécanismes de ségrégation urbaine à l’œuvre et enfin d’inciter le citoyen à reprendre la parole et à s’approprier ses espaces publics dans leur processus de transformation. Vous pourrez lire le compte rendu de ce colloque dans le prochain numéro.

Mireille Sadège

1 Comment

  1. Sujet intéressant et qui concerne tout à fait la trépidante Istanbul qui ne change de se métamorphoser !

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