International, Politique

Facebook accusé de censure

Le 9 mai dernier, un article paru dans le blog technologique Gizmodo révélait que des employés de Facebook triaient les articles d’actualité paraissant dans la rubrique Trending News afin de ne pas y inclure d’articles véhiculant des nouvelles provenant de l’agenda conservateur américain. C’est un coup dur pour Facebook, qui promettait à ses utilisateurs une section trending dont les articles seraient entièrement choisis par des algorithmes.  Retour sur un scandale de la toile.

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Comment sont choisies les trending news ?

Si vous utilisez, comme plus d’un milliard d’Internautes, le réseau social Facebook, vous avez surement remarqué une petite section en haut à droite de votre timeline identifiée comme trending. Cette fonction demeure assez récente et a fait son apparition en janvier 2014 avec le pari d’offrir aux utilisateurs de Facebook un résumé des nouvelles les plus populaires de journée.

Sensée être basée sur des facteurs totalement objectifs comme le nombre de vues, de partages ou de commentaires, il semblerait toutefois que cette fonction soit contrôlée par des « curateurs » ayant pour mandat de supprimer des sujets de l’agenda conservateur ou de mettre en valeur des sujets plus progressistes.

C’est dans un article de Gizmodo que d’anciens curateurs ont témoigné sous le sceau de l’anonymat, pour la plupart des jeunes journalistes plutôt démocrates sortis tout droit de prestigieuses universités Ivy League. Un d’eux a déclaré : « C’était absolument biaisé. Nous le faisions de manière subjective. » Son ancien collègue a abondé en ce sens : « Ce n’était pas du tout les nouvelles les plus populaires, c’était une opinion. »

Ainsi, selon Gizmodo, des articles concernant les politiciens républicains Mitt Romney et Rand Paul auraient été écartés même si l’algorithme les avaient sélectionnés. L’inverse s’est produit lors d’évènements comme la disparition du vol MH370 ou les attentats du 7 janvier à Paris, que les curateurs avaient identifiés comme trending bien que l’algorithme ne soit pas arrivé à la même conclusion.

Tollé au Parti républicain

Quelques heures après la publication de l’enquête Gizmodo, le parti républicain américain déclarait par voie de communiqué : « Avec 167 millions d’utilisateurs américains, […] Facebook a le pouvoir de considérablement influencer l’élection présidentielle. Il est troublant d’apprendre que ce pouvoir est utilisé pour réduire au silence les points de vue qui ne correspondent pas à un agenda. » Une pétition a été lancée par le Parti républicain.

Pour Fox News, le média conservateur par excellence, « cette accusation frappe la crédibilité du réseau social en plein cœur. »

Devant cette indignation de la droite américaine, Facebook a émis un communiqué afin de démentir les allégations de Gizmodo : « Nous prenons ces allégations de biais très sérieusement. […] Il existe des lignes directrices rigoureuses qui assure la consistance et la neutralité. Ces lignes directrices ne permettent pas la suppression de perspectives politiques. »

Il faudra cependant plus que des communiqués pour convaincre les internautes choqués par ces allégations, surtout qu’il est de notoriété publique que Mark Zuckerberg, le fondateur du réseau social, se porte en défenseur de la justice sociale. Le mois dernier, il a d’ailleurs dénoncé les propos du candidat aux primaires présidentielles du Parti républicain, le controversé Donald Trump.

Si cette histoire démontre une chose, c’est bien que l’objectivité des médias est loin d’être absolue, et que les nouveaux joueurs de l’ère du Web n’échapperont pas à ce débat journalistique vieux comme le monde.

Yasmine Mehdi

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