Politique

Faire de la politique au XXI éme siècle : l’art de la communication

 

« Nous sommes dans un pays judéo-chrétien, le Général de Gaulle le disait, de race blanche, qui accueille des personnes étrangères. » Cette phrase, énoncée sur le plateau de l’émission On n’est pas couché, animée par Laurent Ruquier sur France 2, est signée Nadine Morano, comme vous devez probablement le savoir.

Nadine Morano, membre du parti de droite Les Républicains (LR), excelle dans l’Art de la provocation et de la surenchère médiatique. Ses prises de parole à l’antenne font régulièrement l’objet de scandales politico-médiatiques.

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Adepte des phrases courtes mais « choc », Nadine Morano a totalement saisi l’importance de la maîtrise des outils de communication politique.

En effet, aujourd’hui, faire sa place dans le jeu politique est intrinsèquement lié à l’espace occupé dans la sphère médiatique. Les hommes politiques du XXIe siècle se doivent d’élaborer des stratégies de communication politique et se doivent d’en maîtriser les codes.

Cette importance des médias dans le monde politique a été théorisée par des auteurs américains tels que Davis, théoricien du capital médiatique. Selon son hypothèse, le capital politique traditionnel nécessaire aux hommes politiques aurait été progressivement remplacé par le capital médiatique. En d’autres termes, les savoirs et compétences traditionnels des hommes politiques ont évolué : pour exister aujourd’hui en politique, il faut exister dans le champ médiatique. David Cameron, ayant réussi à s’imposer auprès de ses pairs grâce à ses qualités de communicant, illustre parfaitement cette idée.

Les sociétés actuelles dites « sociétés de communication » exigent des hommes politiques des messages rapides, clairs et débarrassés de la lourdeur des discours habituels.
Ainsi, les prises de parole de nos hommes politiques s’adaptent aux mutations de la société. Lorsque Nadine Morano explique que « la France est un pays de race blanche » ou lorsqu’encore Eric Zemmour estime que « la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c’est comme ça, c’est un fait », cela relève en réalité d’une stratégie de communication bien rodée.

Le phénomène ne se cantonne pas aux frontières du territoire français. Aux Etats-Unis par exemple, le personnage de Donald Trump fait la Une des journaux du monde entier. Candidat républicain aux présidentielles, il sème les scandales à chacun de ses passages. Et pourtant, en dépit des aberrations qu’il prononce, il se plaçait en septembre en tête des sondages, devant la candidate démocrate Hillary Clinton.

Le message de Donald Trump est simple : il faut en finir avec le politiquement correct. La première étape de la stratégie du candidat a été de se séparer de son conseiller politique. Entre le 6 août et le 16 septembre, les débats organisés mettant en scène Donald Trump ont enregistré des records d’audience : expulsion de 11 millions de clandestins, fermeture des frontières aux musulmans, construction d’un mur entre le Mexique et les Etats-Unis… ses absurdités lui garantissent une couverture médiatique exceptionnelle.

Si les provocations de ces personnalités politiques les propulsent sur le devant de la scène médiatique, les sanctions ne tardent jamais à tomber. En effet, si la liberté d’expression est une valeur chère à la France, le respect d’autrui l’est encore plus.

Kheira Djouhri

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