Environnement, Société

Faire revivre les coraux de la mer de Marmara

En 2015 avait lieu une véritable catastrophe écologique au large d’Istanbul. En raison d’une marée rouge, c’est-à-dire une prolifération très rapide de microalgues qui présentent une toxicité importante, et de plusieurs autres facteurs, les coraux de la mer de Marmara ont subi une extinction massive.

Une nécessité pour préserver la biodiversité des océans

Lorsque l’on connaît l’importance qu’ont les coraux dans le fonctionnement de l’écosystème marin, on ne pouvait que s’alarmer face à cette nouvelle.

C’est dans l’optique de sauver et de faire revivre les coraux de la mer intérieure de Turquie que des universitaires et des activistes environnementaux ont choisi d’unir leurs forces afin de créer une zone de conservation au large des côtes d’Istanbul.

« Il y a des communautés coralliennes très spéciales ici, et elles ont une influence cruciale sur la fonction de l’écosystème. Si les conditions actuelles de hausse des températures de la surface de l’eau et l’expansion de l’eau de mer qui en résulte, la surpêche, la pollution et les espèces envahissantes persistent, nous mettrons également en danger ces créatures et la vie marine. En fait, des pertes de masse allant jusqu’à 90 % ont été enregistrées au cours des 20 dernières années en raison d’anomalies de températures positives sur les récifs coralligènes, y compris les espèces coralliennes des îles des Princes, qui constituent l’un des habitats les plus importants de la Méditerranée », a déclaré au quotidien Hürriyet le professeur du département de biologie marine de l’université d’Istanbul, Nur Eda Topçu Eryalçın.

Elle a également souligné que la plupart des 24 espèces coralliennes uniques de la mer de Marmara ont été classées comme étant en voie de disparition ou vulnérables.

Une opération de grande ampleur

« Nous avons réussi à déplacer 300 coraux du récif au large des îles des Princes dans des zones autour de Neandros, également connue sous le nom d’île du lapin, où ils peuvent vivre. Outre la transplantation de coraux en cours avec un taux de réussite de plus de 90 %, nous avons retiré des milliers de mètres carrés de filets fantômes autour des îles des Princes afin de poursuivre nos efforts pour contrer cette menace silencieuse pour le monde marin », a expliqué Nur Eda Topçu Eryalçın.

À l’échelle planétaire, la disparition des coraux est une véritable catastrophe, que ce soit pour l’écosystème sous-marin ou pour la population humaine puisqu’on estime à 15 % le taux de la population mondiale dépendant directement de la bonne santé des coraux. Une raison de plus de soutenir ce projet de création d’une zone de conservation au large d’Istanbul.

Victor Mottin

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