Culture, Société

FEZA : le théâtre qui se joue du cancer

cancer_7 Le 26 février dernier se tenait au sein de la salle de spectacles du Fulya Art Center, situé à Beşiktaş, une pièce de théâtre préparée et jouée par des personnes atteintes de cancer. Retour sur une soirée ponctuée d’émotions.

Le TKSV (Türkiye Kanserle Savaş Vakfi), soit l’Association turque de lutte contre le cancer, organisait en partenariat avec le centre médical Neolife, un évènement tournant autour de ce fléau redouté qu’est le cancer, considéré comme la « pire des maladies ». A 20h30, la pièce de théâtre débutait sous les applaudissements chaleureux et encourageants des spectateurs. 21h30, fin de la pièce. Les comédiens pouvaient aller reprendre leur souffle, avant de participer à une séance de rencontre avec le public.

La pièce s’est déroulée dans une ambiance assez détendue où se manifestait une entente très poussée au sein de l’équipe des acteurs qui, soit dit en passant, ne se connaissaient pas avant ce beau projet de spectacle. Le projet, par ailleurs, a nécessité trois mois d’organisation et de mise en place en incluant la sélection des acteurs, l’écriture de la pièce, les nombreuses répétitions, et, naturellement, tout le côté logistique.

Un approche positive de la maladie 

Les acteurs et actrices qui ont interprété « Feza » partagent une approche positive vis-à-vis de leur maladie. En témoigne Hülya Güngörmü, qui pense qu’il est indispensable de « savoir vivre avec sa maladie », ce qui signifie pour elle « essayer d’avoir une approche positive de celle-ci, mais surtout constructive. Se dire qu’être atteint de cancer n’est pas une fatalité, et rester optimiste quoiqu’il en soit en vivant sa vie normalement et en profitant de tous les moments que celle-ci a à nous offrir ».

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Ester Sisa, autre patiente âgée de 70 ans, salue l’initiative qui se veut être un projet de responsabilité sociale ayant pour fin de remonter le moral des malades, puisqu’il est « très important d’avoir le moral quand on est atteint de cancer, et ce quel que soit son stade. C’est celui-ci qui nous permet de continuer de lutter, et surtout de croire qu’on peut arriver à nous en sortir ». De plus, madame Sisa conseille à tous les malades en général de « s’adonner à une activité artistique. Ça peut être le théâtre, la danse, la musique, ou encore la poterie, et le dessin. Chacun peut choisir en fonction de ses goûts, passions et disponibilités ». Ceci étant dit, elle insiste sur le fait que « tout art aide à guérir le cœur et l’esprit ». Finalement, la septuagénaire a ému par ce message qu’elle a prononcé avec une profonde conviction : « Je laisse comme héritage à tous ceux qui m’aiment et que j’aime le courage et la volonté de lutter ».

L’art au service du traitement

Nesrin Aslan et Elçin Biçer, travaillent toutes deux à Neolife où elles sont respectivement directrice et psycho-oncologue. Elles ont exposé l’importance de la « drama-thérapie » qui se développe actuellement de plus en plus, dans le cadre de la prise en charge de la santé mentale des patients atteints de toutes sortes de maladies dites graves. Ce terme renvoie à l’utilisation de techniques théâtrales pour travailler sur la santé mentale des patients suivant la thérapie. Aussi, elle est utilisée dans de nombreux établissement, notamment les hôpitaux et cliniques, les écoles et entreprises, mais aussi les prisons.

cancer_2L’utilisation des procédés appartenant au théâtre en tant qu’intervention thérapeutique a commencé avec le psychodrame, aussi appelé « jeu de rôle ». Petit à petit, ce domaine thérapeutique s’est élargi à divers procédés théâtraux comme le mime, les marionnettes et autres techniques d’improvisation. La drama-thérapie est utilisée, entre autres, pour soutenir les patients et les aider à prendre du recul par rapport à leur maladie, à la comprendre, à mieux appréhender leurs réactions face à celle-ci, et à leur donner confiance tant en eux qu’en leur guérison éventuelle. Un moyen de traitement qui fait se croiser la psychologie avec la psychothérapie, mais aussi l’anthropologie.

Sara Ben Lahbib

1 Comment

  1. Nous sommes porteurs d’un projet de jardin thérapeutique commun au CHU de Rennes et au Centre Anticancéreux de Rennes aussi, l’idée est de marier nature et culture (théâtre, chant, sculpture, conte, poésie) de donner place aux activités physiques adaptées et de donner place à tous les ressorts d’une pédagogie de la bonne nutrition, et des bons produits « BIO »

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