Economie

Fin de la récré pour l’économie turque ?

turquie_ecoLa division Turquie du cabinet d’audit Deloitte vient de publier un rapport sur la situation de l’économie turque qui n’incite pas forcément à l’optimisme. Les perspectives de reprise restent en effet assez faibles.

La croissance de l’économie turque dans le premier quart de l’année a certes été plus importante que prévue, mais celle-ci ne devrait pas perdurer. On attend rapidement l’apparition d’une sur-inflation. D’après l’étude du cabinet, la croissance en berne, alliée à des instabilités et fragilités extérieures dues au contexte géopolitique requièrent la formation rapide d’une coalition gouvernementale, et la mise en place d’une politique économique claire. La Banque mondiale annonce d’ailleurs elle aussi des perspectives économiques assez faibles, ayant révisé ses prévisions de croissance à 3,5 %.

Les raisons de ce ralentissement de la croissance économique turque sont diverses. Au premier rang desquelles, un problème d’instabilité politique. Suite aux dernières élections parlementaires, la formation d’une nouvelle coalition tarde et provoque de nombreuses incertitudes qui ne rassurent, évidemment, pas vraiment les investisseurs. Sur le banc des accusés, on retrouve aussi le manque de lisibilité dans la politique économique turque. Manque de lisibilité qui ne date pas d’hier, mais devient un réel problème pour l’accueil de nouveaux investisseurs.

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Le récent conflit entre le président Erdoğan et la Banque centrale turque au sujet de la politique monétaire n’a guère arrangé la situation. La Turquie apparaît aujourd’hui comme un pays connaissant une érosion de son système d’équilibre et indépendance des pouvoirs. Dans le domaine judiciaire, mais donc aussi économique au sujet notamment de la Banque centrale. Ce conflit a provoqué une volatilité de la livre turque qui s’avère préjudiciable. Les banques turques, averties par l’agence de notation Standard & Poors’, subissent de plein fouet cette volatilité puisqu’un tiers de leurs prêts commerciaux sont libellés en monnaie étrangère.

De nombreux établissements ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, et cherchent à mettre en veille leurs activités sur le territoire turc. HSBC cède actuellement sa division turque à la banque ING. De même, d’autres banques comme Citygroup ou Royal Bank of Scotland ont quitté ou envisagent de quitter la Turquie. De quoi craindre pour les perspectives à court terme de l’économie turque, qui va devoir trouver des solutions rapidement.

Pierre Debly

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