International

Fin des soupçons sur l’implication de l’Arabie saoudite dans les attentats du 11 septembre ?

Vendredi 15 juillet dernier, les États-Unis ont décidé de mettre fin au suspense concernant l’implication présumée de l’Arabie saoudite dans les attentats du 11 septembre en déclassifiant  des documents d’enquête classés « secret défense ».

images

Depuis cette tristement célèbre journée du 11 septembre 2001, où près de 3 000 personnes ont péri, une enquête avait été ouverte sur d’éventuels liens entre les dirigeants d’Arabie saoudite et les terroristes qui ont attaqués le World Trade Center et le Pentagone. Si les soupçons n’ont jamais été confirmés, les documents publiés vendredi par l’Administration américaine démontrent qu’il n’y a pas de preuve irréfutable d’une telle implication du royaume des Saoud.

Cela faisait longtemps que les autorités d’Arabie Saoudite demandaient la publication de ce rapport du Congrès datant de 2002 afin d’en finir avec les rumeurs courant au sujet de l’implication de Riyad dans l’attentat. Aujourd’hui, c’est chose faite : les 28 pages du rapport ont été publiées.

Quinze ans de soupçons

Alors que 15 des 19 terroristes impliqués dans cette attaque étaient saoudiens, les soupçons concernant l’implication de Riyad étaient exacerbés par le fait que l’administration Bush avait classé le rapport « secret défense ». Ainsi, les autorités saoudiennes, estimant qu’elles n’avaient rien à craindre par rapport au contenu de ces 28 pages, attendaient avec impatience que ce rapport soit déclassifié et rendu public.

Par ailleurs, l’ancien vice-président de la commission sénatoriale, l’ex-sénateur de Floride Bob Graham, avait lui aussi récemment réclamé que ce rapport soit rendu public, estimant que cela soutiendrait ses accusations de financement portées à l’encontre de l’ambassade d’Arabie saoudite à Washington et du consulat en Californie.

Un rapport non concluant

Après 15 ans d’attente, la lecture du document est décevante : il est tout simplement impossible d’en tirer quoi que ce soit. Il est surtout infaisable d’établir un lien clair et infaillible entre les autorités saoudiennes et les terroristes du 11 septembre.

Malgré tout, le rapport indique que : « Alors qu’ils se trouvaient aux États-Unis, quelques-uns des pirates de l’air du 11 septembre ont été en contact, ou ont reçu soutien ou assistance d’individus qui pourraient être en lien avec le gouvernement saoudien ».

Mais, le temps utilisé dans ces documents est bien le conditionnel, laissant le doute planer. Ce ne sont que des allégations ; aucune preuve solide n’a pu être réunie par les agences de renseignements américains chargés de l’affaire, qui n’ont pas été en mesure d’ « identifier de manière définitive » ces liens, comme le stipulent les commissions sur le Renseignement du Sénat et de la Chambre des représentants.

Vendredi, Adam Schiff, démocrate spécialiste du renseignement à la Chambre des représentants, a d’ailleurs soutenu que les services de renseignement et la grande commission d’enquête sur le 11 septembre « n’ont jamais pu trouver de preuves suffisantes ».

Riyad exulte

L’interprétation du rapport est en revanche très claire pour Riyad qui, trop heureuse des conclusions de l’enquête, considère purement et simplement que « le dossier est clos ». En effet, le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, lors d’une conférence de presse à Washington, n’a pas hésité à lâcher : « Le dossier est clos […] avec la publication de ces pages, le dénigrement dont le Royaume d’Arabie saoudite a été victime ces 14 dernières années va cesser ».

La seule chose qui s’avère certaine est que ces 28 pages sont lourdes à porter pour les services secrets américains, qui doivent endosser publiquement l’échec d’une des enquêtes les plus importantes dans la lutte contre le terrorisme, pourtant si chère à leurs yeux.

Camille Saulas. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *