Environnement, Société

Une forêt pour mieux respirer

Le 21 mars 2018 nous célébrions une nouvelle fois la Fête de l’Arbre dans la capitale française. L’occasion de faire découvrir aux habitants le patrimoine végétal et animal de l’Île-de-France. De nouveaux projets sont en cours pour améliorer la qualité de l’air parisienne et préserver certaines espèces en voie de disparition.

Pour sa quatrième année de mandat, la maire de Paris Anne Hidalgo a décidé de réorganiser la Fête de l’Arbre. Des activités en plein air, promenades et découvertes du patrimoine naturel de la région étaient organisées dans toute l’Île-de-France. Une belle initiative pour sensibiliser les Franciliens à la lutte contre la pollution de l’air et à la préservation de l’environnement. Ce 21 mars fut aussi l’occasion, dans le cadre du projet de reboisement de la capitale, de planter le 10 000e arbre de la mandature. Une certaine fierté pour Anne Hidalgo qui a fait de la lutte contre la pollution, une des priorités de son mandat.

La pollution de l’air est un fléau majeur pour la qualité de vie et la santé des Franciliens. Depuis le début de son mandat, la maire de Paris a multiplié les initiatives pour tenter de faire baisser cette exposition aux particules fines. Entre la fermeture de la circulation sur les berges de la Seine, l’élargissement des voies cyclables, la circulation alternée et la plantation de végétaux, Anne Hidalgo a pris des mesures fortes pour diminuer les émissions de CO2 au prix de sa cote de popularité. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de ne pas dépasser le seuil d’exposition de 50 µg/m3 plus de trois jours par an. Un seuil déjà dépassé au cours du mois de février et qui concernerait en réalité 95% de la population française.

Nous l’aurons compris, les petits arbres font les grandes forêts et Anne Hidalgo ne compte pas s’arrêter là.  Après les mesures prises sur la circulation dans la capitale et la végétalisation des rues, la maire de Paris a annoncé le 13 mars, sur son compte Twitter, le lancement d’un espace boisé de plus d’un hectare entre le canal Saint-Denis et la Porte d’Aubervilliers au nord-est de Paris. Ce sont environ 800 arbres qui seront plantés le long du périphérique extérieur pour apporter, selon ses termes, un « îlot de fraicheur ». Cet espace comptera aussi 3 000 arbustes, 12 000 plantes, une marre et un observatoire qui sera géré par les agents municipaux. Coût de l’opération estimé à trois millions d’euros pour la ville de Paris. C’est en fait la deuxième étape d’une forêt linéaire, dont la première zone avait été inaugurée en mai 2014 par la Ville. Une bonne nouvelle pour la qualité de l’aire parisienne et pour les habitants en recherche d’espaces verts pour prendre l’air.

Mais le projet le plus impressionnant est encore dans les cartons. Souvent modifié et déplacé au cours des dernières années, il pourrait commencer à voir le jour dans peu de temps. L’idée est de planter un million d’arbres sur 1 350 hectares afin de créer une gigantesque forêt dans le Val-d’Oise, au nord de Paris, sur la plaine de Pierrelaye-Bessancourt. Cette immense étendue verte serait d’une plus grande ampleur que le bois de Vincennes et représenterait cinq fois la taille du Central Park de New York. Labélisé « Grand Paris » en 2011, cette immense forêt répondrait à plusieurs objectifs.

D’abord située près de grands axes routiers, l’idée est évidemment d’améliorer la qualité de l’air de la capitale. Cette nouvelle forêt sera située sur une ancienne plaine qui accueillait auparavant des eaux usées. Les essences d’arbres choisis pourraient également œuvrer  à la dépollution de ces sols. Ce projet relierait également deux autres forêts, celle de Saint-Germain-en-Laye et celle de Montmorency, et permettrait de créer une forme de couloir vert qui facilitera le déplacement et la reproduction des animaux sauvages. À 23 kilomètres à vol d’oiseau de Paris, le projet est en cours de consultation publique. S’il est adopté, les premiers arbres devraient alors sortir de terre courant 2020 pour une forêt qui atteindra sa maturité vers 2060. Le projet est estimé à 75 millions d’euros, mais représente une grande opportunité écologique pour la région. Même pour la France, le pays n’avait pas planté une telle quantité d’arbres et sur une telle surface depuis plus de quatre siècles.

Pierre-François Allart

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