International, Politique

France, Allemagne et Italie réunies lors d’un « mini sommet » pour sauver l’Europe

François Hollande, la chancelière allemande, Angela Merkel, et le Premier ministre italien, Matteo Renzi, se sont retrouvés aujourd’hui dans le sud de l’Italie, sur l’île de Ventotene, lors d’une rencontre informelle tripartite pour discuter du Brexit et d’une Europe en crise identitaire.

SantostefcarcereLa prison de Santo Stefano

Une rencontre pleine de symboles pour s’échauffer. La nouvelle réunion informelle de ce lundi est un avant-gout avant le prochain sommet européen à 27 près de deux mois jour pour jour après le référendum britannique en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE), le 23 juin dernier.

Le lieu de la rencontre n’a pas été choisi au hasard par Matteo Renzi puisque l’île de Ventotene est le lieu où a été rédigé, en juin 1941, le manifeste du même nom par deux intellectuels emprisonnés : Ernesto Rossi et Altiero Spinelli. « Pour une Europe libre et unie » est considéré comme un ouvrage précurseur du fédéralisme européen.

Cette île a aussi servi de prison pour les opposants politiques entre 1941 et 1943 sous le régime mussolinien. Durant ces deux années, 2.000 détenus ont été enfermés dans les geôles de la prison de Santo Stefano.

Le Brexit, « une gigantesque sonnerie de réveil »

La décision britannique de quitter l’UE « est une défaite politique » pour l’Europe et doit représenter « une gigantesque sonnerie de réveil » pour celle qui doit se réformer rapidement, comme l’avait affirmé, fin juillet, le président du conseil italien. Il sera encore question du Brexit le 16 septembre lors d’un sommet européen extraordinaire à Bratislava.

France et Italie militent pour un renforcement des liens en matière de sécurité et de défense. Alors que Rome et Berlin font face à un afflux continu de migrants, l’idée d’un corps européen de gardes-frontières semble susciter l’adhésion des trois partenaires.

La question de l’austérité pourrait en revanche constituer un sujet de désaccord. Matteo Renzi espère convaincre la chancelière allemande des dangers d’une Europe « comptable » à l’heure de la montée des populismes aux quatre coins du continent.

La chancelière allemande se montre en revanche beaucoup plus circonspecte face à ces projets et, d’une manière générale, devant toute réponse « fédéraliste » à la crise ouverte par le Brexit. Une position d’autant plus ferme que des élections législatives sont prévues l’an prochain en Allemagne. La France entre aussi en période électorale avec la présidentielle de l’an prochain. Ainsi, beaucoup redoutent que le statu quo prédomine avant ces échéances.

Ce mini-sommet réunit « trois leaders affaiblis, aux prises avec des difficultés internes et face à des échéances électorales imminentes, avec donc des marges de manoeuvre très restreintes », écrit ainsi dimanche l’éditorialiste du Sole24Ore, le quotidien italien du monde des affaires.

Guillaume Asmanoff. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *