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France/Croatie 15 juillet 2018 : les Balkans en finale

Mi-juillet 2018, la Coupe du monde de football organisée par la Russie se termine et le moins que l’on puisse dire c’est que celle-ci fut riche en événements inédits.

En premier lieu, on a pu noter des pays « stars » du ballon rond ne pas être sélectionné. C’est le cas de l’Italie. Puis, des équipes pourtant réputées ont rapidement disparu de la compétition comme la Grande-Bretagne, la Suède, l’Allemagne ou encore l’Espagne.

La finale du dimanche 15 juillet est à ce titre une double surprise. Tout d’abord, car la France a connu un sort malheureux à chaque mondial depuis sa victoire historique de 1998. Nous nous rappelons entre autres du mondial de 2006 et d’une finale France-Italie fort pénible, ou encore de la grève des joueurs en 2010.

Cette fois-ci, l’équipe de France renouvelée et rajeunie autour d’un des derniers « bleus » de 1998, Didier Deschamps, a eu la chance de ne pas tomber sur des adversaires trop redoutables ce qui lui permet d’arriver de nouveau en finale avec toutes ses chances, le dernier adversaire à risque, la Grande-Bretagne, ayant été éliminé.

Face à elle, nous avons assisté à un événement inédit que de voir l’équipe de la Croatie comme adversaire, et ce même si les deux pays se sont affrontés déjà cinq fois par le passé.

Ce petit État d’un peu plus de quatre millions d’habitants, le dernier à être entré dans l’Union européenne (le 1er juillet 2013 en tant que 28e membre), se trouvait ainsi propulsé sous tous les projecteurs comme challenger d’une finale dans laquelle la France partait comme favorite.

Il n’en demeure pas moins que c’est sans doute la première fois qu’un État de l’ex-Yougoslavie, et donc des Balkans, se retrouve dans une position aussi prestigieuse, car c’est par extension tout le Sud-Est européen qui sera arrivé aussi haut dans une compétition de ce type.

En 1998, on avait pu mesurer à quel point une finale peut avoir un côté fédérateur pour un peuple, plus d’un million de personnes sur les Champs-Élysées à Paris reste 20 ans plus tard un événement dont beaucoup se souviennent.

Quoi qu’il en soit, la Croatie devient ainsi porteuse d’un grand événement qui rayonnera dans toute une ex-Yougoslavie meurtrie par une guerre civile de dissolution qui avait fait, rappelons-le, plus de 100 000 morts de 1990 à 2000.

Car c’est finalement l’exploit d’il y a 20 ans qui est renouvelé avec cette belle victoire des bleus qui lundi 16 juillet, comme en 1998, descendront les Champs-Élysées avant d’être reçus par le président de la République. Nous le disions, l’aspect fédérateur et pacificateur du football fera sans doute le plus grand bien à une France meurtrie depuis plusieurs années par de sanglants attentats (Charlie Hebdo, le Bataclan, le massacre de Nice du 14 juillet, etc.) et qui trouve ainsi l’occasion autour de ce titre de « champion du monde » de se rassembler autour des valeurs de l’effort, du partage et de la belle fraternité qu’offre notre République.

Dès le 15 juillet, plus de 90 000 personnes étaient sur le Champ-de-Mars et une extraordinaire nuit de liesse devait ainsi commencer partout dans le pays.

Puisse cet effet découvert en 1998 renforcer encore la France dans son action positive en Europe et dans le monde. On retiendra cependant que, malgré la défaite de la Croatie avec le score honorable de 4 à 2, les Balkans auront, en cette mi-juillet, été particulièrement à l’honneur puisque, le même jour, le joueur serbe Novak Djokovic, en final du tournoi de tennis de Wimbledon en Grande-Bretagne, devait l’emporter pour la quatrième fois.

1998 – 2018 : un événement historique sans aucun doute pour la France qui renouvelle ici un bel exploit associé à un retour de deux pays de l’ex-Yougoslavie, Croatie et Serbie, dans l’actualité du sport de haut niveau.

Dr Olivier Buirette

 

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