International, Société

France Inter : Frédéric Fromet dérape

Vendredi 6 janvier, sur France Inter, l’émission « Si tu écoutes j’annule tout » a suscité la colère des auditeurs en ironisant maladroitement sur l’attentat du Reina, à Istanbul, qui a fait 40 morts et une dizaine de blessés lors de la nuit de la Saint-Sylvestre.

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Il semble que la solidarité internationale soit de deux poids deux mesures. Alors qu’après les attentats du 15 novembre 2015, le monde était accablé et s’était paré des couleurs du drapeau français, ou que ,plus récemment, les dirigeants et citoyens du monde entier pleuraient les morts des attentats de Nice et de Berlin, l’attaque tragique et sanglante du Reina qui s’est produit le 1er janvier dernier n’a pas suscité la même émotion.

Une situation révoltante, mais malheureusement habituelle que voulait certainement souligner Frédéric Fromet. Une intention honorable, mais maladroite.

Durant l’émission présentée par Alex Vizorek et Charline Vanhoenacker, « Si tu écoutes j’annule tout », M. Fromet a interprété la chanson « À la Reina d’Istanbul » qui selon la direction de France Inter se voulait « humoristique ».

Un humour on ne peut plus noir qui n’a pas fait rire tout le monde. En premier lieu, sont en cause les paroles de la chanson :

« Un attentat à Nice c’est un vrai supplice

Un attentat à Berlin ah ouais ça craint

Un attentat à Istanbul c’est plus cool… »

S’il est possible de penser que l’intention de l’auteur et de France Inter était de faire passer un message en soulignant et critiquant maladroitement l’indifférence relative sur la scène internationale qu’a suscitée l’attentat du 1er janvier dernier, la réaction des animateurs de France Inter est en revanche franchement déplorable.

En effet, les fous rires des animateurs ainsi que des invités qu’a suscités la chanson sont on ne peut plus désolants et franchement révoltants. Les auditeurs ont d’ailleurs été écoeuré par le fait de s’amuser de cet événement tragique quelques jours seulement après l’attentat. En plus d’un manque de respect envers les victimes de la tuerie de la discothèque d’Istanbul, un tel comportement est aussi irrespectueux envers ceux qui ont perdu des êtres chers ainsi qu’envers le peuple turc qui ne cesse depuis maintenant plus d’un an d’être victime d’attaques sanglantes.

La directrice de France Inter, Laurence Bloch, s’est donc expliquée et a présenté ses excuses : « Si le peuple turc a été blessé, je suis sincèrement désolée, ce n’était absolument pas notre but. C’était un message alambiqué de fraternité à l’égard des Turcs et je voudrais reprendre à mon compte la solidarité des Français à l’égard des victimes et des familles. C’est extrêmement important et majeur pour moi, qu’il n’y ait pas la moindre confusion là-dessus. D’ailleurs dans mon message de vœux de la nouvelle année, j’avais souligné que ce monde avait besoin de fraternité, je tiens à redire aux Turcs notre profonde solidarité autour des attentats. Frédéric, dans sa chanson, a voulu faire passer un message très important et très fort. C’est l’indifférence kilométrique ; il s’indigne de cela. Moins vous en êtes proches, moins ça vous touche… Les Français ont été bouleversés par les attentats en Turquie. En France il y a eu les tueries de Nice, le Bataclan, donc ils sont très solidaires avec les Turcs […]. »

Des propos justes et sincères qui n’excusent néanmoins pas le comportement des animateurs de l’émission.

 

 

4 Comments

  1. voltaire

    Les excuses de France Inter et Laurence Bloch sont hypocrites et malhonnêtes.
    « A nice c’est un supplice, à Berlin ça craint mais à istanbul c’est plus cool » ?!
    Sous entendu : ailleurs on s’en fout, chez nous non.
    « Un pays qui a en photo tous ses plats, qui sert de la merde en canette » « salade tomate oignons ».
    Tous les préjugés sont réunis.
    Les paroles veulent tout dire…
    Cette chanson digne du comique bouffon enfant aurait pu passer sur une radio type Virgin ou chez Hanouna mais sur france inter – radio france – ce n’est pas vraiment digne.

    • francofinn

      C’était de l’ironie. Quand les mots sous-entendent « ailleurs on s’en fout, chez nous non. » c’est que l’auteur veut dire exactement le contraire.

  2. Sylvie M

    Comment dénoncer autrement, dans une émission comique et satirique, la différence de traitement de l’information par les médias, mais également le manque d’empathie de la population pour des faits qui se passe loin , sans employer le second degré ?

  3. nimp

    N’importe quoi, vous ne comprenez vraiment rien au second degré décidément…

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