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France : un point sur le gouvernement Philippe annoncé cet après-midi

En attente depuis hier, la composition du nouveau gouvernement français a été annoncée cet après-midi. Retour sur les premières déductions que l’on peut faire.Le gouvernement d’Édouard Philippe comportera donc finalement seize ministres (neuf hommes et sept femmes), deux rattachés à un ministère (des femmes), et quatre secrétaires d’Etat (deux femmes et deux hommes). Le gouvernement est donc paritaire, comme prévu par Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle.

A noter cependant que Sylvie Goulard est la seule femme à hériter d’un ministère régalien : celui des armées (et non plus « de la défense »). Son premier combat sera celui du budget (obtenir 2% du PIB). Il lui faudra ensuite remonter le niveau d’entraînement et améliorer la disponibilité opérationnelle du matériel militaire.

Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense sortant, hérite du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (ex MAEDI). Proche de François Hollande, ce social libéral assumé du Parti socialiste est le seul rescapé du gouvernement sortant, avec Annick Girardin, ministre de la fonction publique désormais au ministère de l’Outre-Mer.

Le Premier ministre a choisi de faire appel à des membres de quatre formations politiques : G. Collomb et J-Y Le Drian du Parti socialiste, J. Mézard et A. Girardin du Parti radical de gauche ; trois du MoDem dont F. Bayrou ; trois de Les Républicains (B. Le Maire, G. Darmanin, le Premier ministre). 11 sur 22 sont issus de la société civile.

Concernant le profil des ministres, il y a moins d’énarques (trois), Nicolas Hulot et Marielle de Sarnez n’ont pas de formation universitaire. Quatre anciens ministres sont dans le gouvernement, et beaucoup de politiciens, dont certains qualifiés d’opportunistes, ce qui écorne la promesse de « renouvellement ». L’âge moyen, autour de 54,6 ans, reflète un choix politique : miser sur l’expérience.

Alors que l’euroscepticisme a fait environ 50% des voix additionnées lors du premier du tour du scrutin présidentiel, ce gouvernement mise sans surprise sur un cap européen assumé. Le libéralisme et la vision de droite sur un certain nombre de sujets sont aussi à relever (exemple de Jean-Michel Blanquer à l’éducation nationale).

Les classes populaires ne sont pas représentées, ni les Français ayant soutenu le Front national et La France insoumise, formations ayant chacune obtenues environ 20% des voix au premier tour de l’élection présidentielle. Avec ce gouvernement aux idées plutôt de droite, Emmanuel Macron assume ses tendances profondes, et porte un coup à Les Républicains. La majorité présidentielle pourrait ainsi obtenir la majorité aux législatives. La stratégie est bien pensée, mais le résultat n’est pas assuré.

K. A.

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