Economie

France : quand prendre le train devient un luxe

La baisse du nombre de voyageurs en train (-0,6% en 2012-2013) s’explique en grande partie par la hausse constante du prix des billets. Le 31 décembre dernier, l’entreprise ferroviaire a augmenté ses tarifs de 2,6% alors que l’inflation n’était que de 0,3% cette année. Comment expliquer ce décalage entre velléités écologiques, absence de croissance et hausse du prix des transports collectifs ?

train

Une hausse des tarifs généralisée

Ségolène Royal s’est prononcée contre une hausse des prix des billets. « Je veux que la SNCF reste un service de transport de masse », a-t-elle en effet affirmé sur LCI. Selon elle, cette hausse est « contradictoire avec tout », et notamment avec l’action de son ministère de l’Ecologie et de l’Energie. Pourtant, au moment de l’annonce de cette augmentation, elle ne s’y était pas opposée, tout comme le ministre des Transports, Alain Vidalies, qui avait affirmé cette action nécessaire à l’amélioration des gares. Madame Royal a tenté de rassurer en rappelant que seuls les tarifs « affaires » seraient concernés, laissant les cartes de réduction, les abonnements forfaits et étudiants, élèves et apprentis, ainsi que ceux des billets Prem’s inchangés.

L’autocar, une concurrence sérieuse ?

La voiture représente 83% des transports en France, contre 9% pour le train. Avec la loi Macron, qui propose une libéralisation des transports en autocar, la concurrence pourrait s’accroître. D’autres entreprises seraient alors en mesure d’offrir une alternative au train, avec des tarifs moindres et un maillage resserré du territoire et des grands axes routiers. Toutefois, la SNCF possède elle aussi son service de transports en commun routier (IDBus) et ne semble pas s’inquiéter de cette réforme.

Les usagers et les régions en colère

pub-sncf-1957Certaines régions se plaignent des « redevances d’accès » qu’elles doivent verser à la SNCF pour faire circuler des TER ou des Transiliens. Depuis quatre ans, le Syndicat des transports en Île-de-France (Stif) s’oppose à Gare et Connexions, qui gère le service de location des voies. L’instance de régulation du rail (Araf) estime que les tarifs de la SNCF sont excessifs. En cause, une rémunération du capital beaucoup trop élevée, que la SNCF justifie par l’argument d’une « prime de risque ». Un argument qui passe mal, alors que l’entreprise publique est en situation de monopole et qu’elle bénéficie d’aides de l’État. Pour l’Avuc (Association des voyages et usagers des chemins de fers), la récente majoration du prix des billets, alors même que la qualité de service de la SNCF recule, est une ineptie qui pénalise en premier lieu les usagers.

Critiquée de toute part, la SNCF cherche à communiquer sur son plan d’action. Guillaume Pepy, PDG du groupe de chemin de fer, explique dans cette vidéo la définition de la « nouvelle SNCF ».

Avec la réforme ferroviaire, les services de voiries (Réseau Ferrés de France) et lesde services ferroviaires (SNCF voyages) sont à nouveau réunis. Selon lui, cela permettra d’améliorer l’organisation, la modernisation et la ponctualité des trains. Malgré ces bonnes résolutions, le transport ferroviaire français peine indéniablement à remplir sa mission de service public en devenant de moins en moins accessible.

Adèle Binaisse

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *