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France : une législative qui ébranle l’UMP

Au premier tour des élections de la législative partielle dans la 4e circonscription du Doubs, Sophie Montel (Front national) et Frédéric Barbier (Parti socialiste) se sont qualifiés pour le second tour, éliminant ainsi le candidat de l’Union pour un Mouvement populaire, Charles Demouge. La première a obtenu 32,60 % des suffrages, le second 28,85 % tandis que la candidat UMP, lui, n’est pas si loin derrière avec 26,54 %. Une troisième position conviant l’UMP au traditionnel exercice de l’appel à voter au second tour, révélant au passage les clivages internes du parti.

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Frédéric Barbier (PS) et Sophie Montel (FN)

Cafouillage à l’UMP

Mardi 4 février dernier, à la veille d’une réunion pour afficher la position de son parti, Alain Juppé, maire de Bordeaux, avait pris les devants en appelant à voter pour le candidat du PS afin de faire barrage au FN. L’ancien ministre, également candidat à l’élection primaire au sein de l’UMP en vue de la présidentielle de 2017, appelait sur son site à un rassemblement : « Les terribles évènements de ce début d’année nous montrent qu’il est temps que les Français réfléchissent et travaillent ensemble à leur avenir ».

Officiellement, l’UMP a finalement appelé à ne voter « ni pour le FN ni pour le PS », c’est-à-dire à voter blanc ou à ne pas voter, désavouant le choix de Nicolas Sarkozy, son président. Lui voulait « faire barrage au FN » mais « laisser les électeurs choisir ». Il appelait donc à voter pour le PS ou à opter pour ce fameux « ni-ni ».

Selon de nombreux analystes, c’est François Fillon, qui était ouvertement en faveur de l’option finalement retenue, qui est le vainqueur de cette querelle interne. Les quotidiens nationaux n’ont pas hésité à parler de « défaite » voire de « désaveu » pour M. Sarkozy. Pour Mediapart, ce « ni-ni » est un « déni » qui reflète l’impossibilité de l’UMP de s’opposer complètement au FN. Ainsi, pour Hubert Huertas, journaliste du site d’information, une victoire du PS sera un échec de l’UMP tandis qu’une victoire du FN signifiera que « les noces de la droite et de l’extrême droite auront été consacrées ».

Les questionnements d’Europe-Écologie Les Verts

Jean-Vincent Placé, le président du groupe écologiste, soutient quant a lui le PS, et s’est dit sur Twitter « très heureux que dimanche prochain les électeurs doubistes ne se déplaceront pas pour un duel fn-ump. » Il a également utilisé le hashtag #ps#eelv. Cherche-t-il à s’unir au PS, malgré les désaccords intervenus sur les sujets environnementaux de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ou du barrage de Sivens ? Et malgré la démission de Cécile Duflot et de Pascal Canfin du gouvernement Valls ?

Manuel Valls a lui appelé à « l’unité des républicains », et a exhorté les électeurs à se déplacer dimanche prochain à une élection qui n’a rassemblé que 40% des électeurs au premier tour. Alors que l’UMP a opté pour une option on ne peut plus floue, le Premier ministre a insisté sur l’intransigeance du PS face au parti d’extrême droite : « La gauche a toujours été très claire, à toujours appelé à voter pour le candidat républicain. »

Le point sur…les élections partielles

Ces élections ont lieu en dehors des campagnes nationales et de l’échéance prévue normalement. Elles interviennent en cas de remplacement d’un député et sont prévus dans le code électoral. La France compte actuellement 577 circonscriptions législatives. Pierre Moscovici, désormais commissaire européen, était depuis 2012 remplacé par Frédéric Barbier à l’Assemblée nationale. Le PS, qui possède 288 députés à l’Assemblée n’est pas loin de la majorité absolue (289 sièges). Cette élection est donc cruciale dans l’échiquier politique actuel.

Adèle Binaisse

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