Une franchise italienne commercialise le café turc dans 80% de ses enseignes à travers le monde

Ipek Ahu Somay a donné un séminaire de présentation du café turc courant avril dans un des cafés les plus chics d’Istanbul. Ce séminaire, organisé à l’occasion du lancement d’un nouveau café turc par une célèbre franchise italienne de café, fut l’occasion d’en apprendre davantage sur l’histoire du café turc et de le découvrir sous un autre angle.Arrivé en Turquie au XVIe siècle, avec l’ouverture du premier café à Istanbul en 1554, le café turc est rapidement devenu, avec le thé, une des boissons préférées de la population locale.

Le café turc se distingue par sa technique de préparation. Un bon café turc est préparé avec des grains de café très finement moulus. Ces grains de café sont intégrés à l’eau froide dans une casserole (cezve) en le mélangeant jusqu’à ébullition. Il est toujours mousseux et le marc doit se déposer au fond de la tasse.

Même si le café filtre est le café le plus répandu au monde, le café turc a perduré et garde une place importante dans la société et les traditions turques. C’est un symbole de finesse de par son service dans la vaisselle traditionnelle : de petites tasses peintes, accoudées sur de petites assiettes assorties aux tasses. Le café turc est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2013.

On comprend ainsi que les Turcs entretiennent un vrai attachement au café, et ce même s’ils n’en sont pas de grands consommateurs comme l’a précise Mme Ipek Ahu Somay lors du séminaire. Les personnes présentes à cet avènement ont pu déguster le nouveau café lancé par la marque italienne, le tout accompagné des gâteaux comme le veut la tradition turque.

Le café turc détient une place importante également dans les coutumes du mariage turc. En effet, lors des fiançailles, un des rituels consiste à présenter le « café salé » au futur mari. Si le prétendant en question accepte de la boire, cela est considéré comme une preuve d’amour. Il faut dire que cela peut relever d’une véritable prouesse dans la mesure où la fiancée peut y rajouter toutes les épices qu’elle souhaite. Et si le futur mari le boit sans se plaindre, il aura réussi l’ « examen de passage » lui permettant de faire de l’élue de son cœur son épouse.

En ce qui me concerne, étant la seule étrangère autour de la table, ce séminaire a eu un goût particulier pour moi. Si les autres participants débâtaient sur le degré d’amertume, la dose de sucre ou la manière de préparation du café, je n’avais aucune connaissance relative à cette boisson que j’admirais dans de petites tasses (fincan) décorées. Habituellement, je bois de cafés servis dans de grandes tasses, aussi je m’interrogeais sur la quantité servie : était-ce la présentation traditionnelle ou avais-je juste à faire à une dégustation bien soignée ?

L’organisatrice du séminaire qui a remarqué mon air étonné à l’idée de boire du café en si petite quantité. « C’est comme ça qu’on le sert en Turquie, on le boit en petite quantité », s’empressa-t-elle de m’expliquer. Le café était fort, mais plaisant. « Il faut le déguster », ajouta Mme Somay, avant de préciser : « Vous découvrirez des arrières-goûts de fleurs ». En suivant ses conseils, j’ai découvert que le café était en effet emprunt d’un arrière-goût de jasmin parfaitement assorti à la sucrerie des gâteaux.

L’idée de la franchise italienne de mettre en boîte le café turc et de le commercialiser dans des cafés modernes et chics est née d’une envie de faire découvrir au reste du monde, à travers un produit propre au pays, les valeurs turques que sont l’hospitalité et la générosité. Si le café turc est trop fort au goût de certains, la marque a su l’adapter aux préférences de tous.

Longtemps considéré comme le « Islamin sarabi » (le vin des musulmans) en raison de ses effets stimulants, c’est la version légale du vin pour les musulmans comme l’explique Mme Somay. Notons d’ailleurs que le premier café est originaire du Moyen-Orient puis s’est propagé à l’ensemble du monde. Les cafés étaient des lieux de socialisation où les hommes pouvaient se rassembler pour boire du café, écouter la musique, jouer et finalement échanger. On retrouve toujours ces rituels dans les cafés turcs, traditionnels ou modernes, où les hommes et les femmes se retrouvent pour discuter et socialiser leurs tasses de café à la main.

On ne peut parler du café turc sans mentionner les « Lukum »,  ces confiseries d’origine ottomane faites d’une pâte à base d’amidon et de sucre, aromatisée, saupoudrée de sucre glace et parfois garnie de fruits secs. Les Loukoums vont de pair avec le café turc et sont aussi présents dans les festivités du pays. Comme le disent les Turcs eux-mêmes « Tatlı yiyelim tatlı konuşalım », littéralement « mangeant sucré, parlant sucré », les loukoums sont synonymes de bonnes et longues discussions entre familles et amis, mais aussi d’échanges culturels et d’ambiance chaleureuse.

 

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