Chroniques

François Hollande et l’après 13 novembre

Par le Dr Olivier Buirette.

Depuis le 13 novembre dernier, beaucoup de choses ont changé. En premier lieu, nous avons eu une réaction de la gouvernance de la République française similaire aux propositions de l’après 11 septembre aux Etats-Unis. Etat d’urgence décrété au moins jusqu’au mois de février 2016, réaction très vive des forces de sécurité intérieures et extérieures comme on ne l’avait plus vu depuis longtemps, et enfin une véritable guerre menée désormais contre l’Etat islamique (EI) dans le cadre d’une coalition internationale, du moins d’une coopération désormais resserrée entre Etats-Unis, Russie, Grande-Bretagne et les autres alliés. Le 13 novembre aura sans doute été l’élément déclencheur d’une prise de conscience du véritable problème de sécurité que représente l’EI, dans le Proche-Orient actuel. Depuis le début de l’hiver, les frappes aériennes ne cessent dans cette zone floue qu’occupe Daesh. Les mesures prises par le président français le soir du 13 novembre semble refléter une lutte contre le terrorisme mondialisée. Cela nous rappelle, il y a une dizaine d’années, les déclarations martiales d’un Georges W.Bush lançant ces guerres contre l’Afghanistan et l’Irak, au nom de la « guerre contre la terreur » (War On Terror) en définissant un « axe du mal » contre lequel les Etats-Unis étaient entrés en guerre après le 11 septembre. Depuis cette date, plus aucun pays ou presque n’a été épargné par ces attaques sanglantes, que cela soit l’Afrique centrale qui est régulièrement victimes des attaques de Boko Haram ; l’Afrique du Nord, dont les jeunes démocraties ou les États en transition issus des révolutions arabes des années 2010 sont régulièrement victimes d’attentats ; en Europe, ces dernières années, Madrid, Londres, Copenhague et à présent Paris ont entre autres été victimes d’attaques ; c’est aussi le cas de la Russie voisine. Enfin il ne faut pas oublier les attentats qui ont eu lieu dans l’Ouest de la Chine, en Asie du Sud Est et également en décembre 2014 en Australie.

Le 13 novembre semble donc avoir été le catalyseur d’une reprise de conscience d’une menace mondiale du terrorisme islamiste. Face à cela, la politique étrangère française et son axe antiterroriste développés par François Hollande prennent alors tout son sens, du moins depuis janvier 2013, avec l’intervention au Mali, qui est toujours en cours et que l’on peut associer aussi à la fermeté de la position française face aux négociations internationales récemment menées sur la question du nucléaire civil dans la République islamique d’Iran.
Pour le président François Hollande, dont le bilan en matière de politique intérieure est très sombre depuis son élection en 2012, la réaction rapide après le 13 novembre est à coup sûr l’opportunité de regagner une importance sur la scène internationale. Après un rebond impressionnant dans les sondages le faisant passer d’une côte de popularité de 22 % début novembre à 50 % début décembre et sa visite surprise à l’équipage du porte-avion Charles de Gaulle, déployé au milieu du dispositif des frappes aériennes contre Daesh, François Hollande semble chercher à se doter d’une stature internationale.

En ce début d’année 2016, les résultats des élections en matière de politique intérieure, associés peut-être à un début de reprise économique et à un éventuel succès de la Conférence internationale sur le Climat, la COP 21, pourraient bien diriger le président français vers la tentation d’une seconde candidature à la présidentielle de 2017. A n’en pas douter, l’année 2016 sera un tournant pour son avenir politique.

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