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Frexit or not frexit ?

Actuellement en pleine tourmente sur son avenir ou non au sein de l’Union Européenne, les différents partis britanniques spéculent et donnent leurs arguments dans le but d’influencer le vote qui aura lieu le 23 juin prochain.

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Après avoir été, au coté des allemands, les moteurs d’une reconstruction européenne sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale, la France peut-elle suivre l’exemple de se voisin anglais en instaurant un référendum sur sa sortie ou non de l’Union ?

L’euroscepticisme en France est un sentiment partagé et ancré dans la population. Comme en atteste l’adoption de justesse du traité de Maastricht sur l’euro avec 51% des voix, mais aussi le rejet du référendum constitutionnel européen en 2005 à 55%.  Dans le cas d’un « Brexit», une brèche serait ouverte pour le FN et les mouvements eurosceptiques.

Interrogé aujourd’hui sur le plateau d’Europe 1, le délégué national du rassemblement Bleu Marine, Sébastien Chenu, s’est exprimé à ce sujet. Si les présidentielles de 2017 portent le Front National au pouvoir en France, le parti de Marine Le Pen envisage de soumettre au peuple français par référendum, sur le modèle du Brexit, une sortie ou non de l’Union Européenne. «Le Franxit sera collé au modèle du Brexit et nous réclamerons les mêmes critères que le Royaume-Uni» . Ces propos de l’Eurodéputé FN Bernard Monot illustre cette volonté du parti de quitter l’Union Européenne.

Le parti d’extrême droite reproche à l’UE une servitude monétaire et la perte de sa souveraineté. Il reproche à l’Union de ne pas assez protéger les intérêts économiques et commerciaux du pays.

De plus, au niveau monétaire la Banque Centrale Européenne impose ses décisions aux Etats membres, ce qui déplaît à la candidate aux élections présidentielles, qui désire plus de responsabilités et de moyens d’actions à l’échelle nationale.
Au niveau de la monnaie unique, mise en circulation en 2002, celle-ci induit, toujours selon le FN, une perte de compétitivité face aux autres économies, tandis que l’ouverture des frontières est accusée d’avoir détruit des millions d’emplois notamment dans le domaine industriel.

Un projet difficilement applicable

Cependant, le projet du FN fait face à de nombreuses réticences, notamment économiques.
Du point de vue de la souveraineté monétaire, une sortie de l’UE et donc de la zone euro pourrait entraîner une dépréciation de la monnaie, avec une sortie des capitaux. Cette fuite de capitaux risque de fragiliser les banques, alors en manque de liquidités.

Par ailleurs, on observerait une augmentation des taux interbancaires, avec une baisse de la consommation et de la production.

Enfin, la principale peur face à une sortie de l’UE serait l’augmentation et explosion de la dette publique française. Exprimée en euro, cette dette devrait être beaucoup plus élevée en franc. L’état Français serait donc plus endetté.

D’après Corrine Narassiguin, porte parole du Parti Socialiste, une sortie de l’UE ferait basculer le pays dans le populisme, voir l’irrationnel.
Elle analyse l’idée d’une sortie comme un outil stratégique pour les eurosceptiques, qui expliquent les maux de la société par l’intégration européenne.
Cependant sans la protection et l’assurance européenne, la crise de la zone euro aurait causé plus de dégât à la France si elle avait été isolée économiquement.

Tom Crance

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