Art, Culture

Galerist vous rappelle : « Dernière chance de visiter le Studio ! »

L’exposition « Dernière chance de visiter le Studio ! » de la jeune artiste Gizem Karakaş se tient à Galerist depuis le 20 novembre et jusqu’au 19 décembre. Au programme : une très bonne satire du monde de l’art contemporain, mais aussi un hommage à ses icônes, telles Andy Warhol…

Gizem Karakaş, 'Korsan Burger', 2015

« Korsan Burger », 2015

Où se trouve la valeur est l’essence dans le monde étrange de l’art contemporain ? Cette question est le point de départ de l’exposition de Gizem Karakaş. L’artiste en fait une critique amusante, sur le thème de la divinisation de l’art.

Galerist présente Gizem Karataş comme guide personnel pour apprendre à connaître « le monde de l’art »… un monde composé de stupidité, d’artificialité, d’avidité, d’amusement, d’étonnement, de beauté… et rarement l’intelligence, dit Galerist !

Nous nous trouvons aujourd’hui dans un monde où les choses perdent leur raison d’être, alors peut-être l’art aussi devient-il dénué de sens. Le sociologue allemand Max Weber, qui parlait d’un processus de « désenchantement du monde », affirmait que cette terre avait perdu ses dieux et sa magie. Les artistes pré-contemporains étaient en effet considérés, à leur époque et encore aujourd’hui, comme des dieux par les amateurs d’art. De Léonard de Vinci à Van Gogh, l’histoire de l’art paraît fascinante et inapprochable… tandis qu’aujourd’hui, les artistes contemporains doivent faire face à de nombreuses critiques de la part de leurs semblables, sous prétexte que leur travail manque de sens et de valeur.

Le titre de l’exposition même en dit beaucoup sur l’humour de la jeune artiste. Au lieu de lui donner un nom personnel, Gizem Karakaş a préféré retenir l’attention sur l’endroit de l’exposition : « Dernière chance pour visiter le Studio ! » Le Studio de Galerist, espace de projet et d’exposition, fermera en effet ses portes après le vernissage de Gizem Karakaş. C’est donc réellement votre dernière chance de visiter le Studio !

Bir Seyi 40 Kre Soylersen Olur

Gizem Karakaş est diplômée de l’Université de la Sorbonne et y a fait un master sur les Arts et les médias numériques. Elle raconte une anecdote de sa vie d’étudiante, lors de sa soutenance finale de mémoire, afin d’expliquer l’importance de l’humour dans ses œuvres. Pendant sa présentation, l’un de ses professeurs, qui ne rit jamais mais s’était déridé en regardant la vidéo de l’étudiante, lui a demandé : « Etes-vous sûr que vous avez besoin de ce master pour être drôle comme ça ? » Mais « avec le recul », dit-elle, « je pense que j’avais quand même besoin de cette éducation pour avoir ce pouvoir de faire rire des gens comme mon professeur. »

L’une des meilleures vidéos de Gizem Karakaş est certainement « Fuat Eşrefoğlu Eating A Lahmacun », un remake d’une vidéo d’Andy Warhol filmé en train de manger un hamburger. Ami et collaborateur de l’artiste, Fuat Eşrefoğlu a donc remplacé Warhol, mais avec un repas différent cette fois-ci : il mange un lahmacun. Pour Gizem Karakaş, le choix de ce repas est important ; c’est une sorte d’hommage à son pays, la Turquie, et à sa culture.

Fuat Eşrefoğlu Eating A Lamacun

« A un moment donné, en préparant cette exposition, je me suis dit que je n’étais pas vraiment une artiste », dit encore Gizem Karakaş, « et cette pensée m’a fait me demander si d’autres artistes se questionnent aussi sur leur activité artistique, ou si seulement ceux qui y croient vraiment deviennent des artistes. » Quoi qu’il en soit, l’amusante exposition « Dernière chance de visiter le Studio ! » de cette modeste artiste se tient jusqu’au 19 décembre au Studio Galerist, alors n’oubliez pas de saisir cette dernière chance.

Sırma Parman

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *