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Des gazelles à Mardin

Des gazelles vont être relâchées dans les régions de Şırnak et de Mardin, dans le sud-est de la Turquie.

Des gazelles à goitre, ou gazelles de Perse, sont élevées dans les zones fauniques de Kızılkuyu de Şanlıurfa, dans le sud de la Turquie. La population de ces antilopes qui peuvent courir à une vitesse de 97km/h et que l’on retrouve majoritairement en Asie centrale et au Moyen-Orient décline rapidement.

En effet, les gazelles à goitre, dont le mâle présente un élargissement du cou et de la gorge lors de la saison de reproduction, sont menacées en raison de la présence de l’Homme et de la destruction de leur environnement naturel. Ainsi, elles ont totalement disparu d’Irak et de Syrie, mais aussi en Géorgie et en Russie. Un triste scénario qui risque aussi de se produire dans d’autres régions du monde, à commencer par la Jordanie. Ainsi, si l’on en retrouve encore beaucoup en Iran, en Turquie, on fait tout pour les protéger.

Un projet prévoit donc que les antilopes élevées dans le pays soient relâchées dans les provinces du sud-est de Mardin et de Şırnak, deux régions qui présentent les mêmes caractéristiques que la région de Şanlıurfa, comme l’a expliqué à l’Agence Anadolu İsrafil Erdoğan, le troisième directeur régional de la Direction de la protection de la nature et des parcs nationaux du ministère des Eaux et des Forêts.

Le spécialiste de la question souligne par ailleurs que près de 1 000 gazelles élevées à Kızılkuyu ont déjà été relâchées dans leur habitat naturel de façon ponctuelle au fil du temps. Mais, désirant aller plus loin, la Direction de la protection de la nature et des parcs nationaux a demandé au ministère que les antilopes soient réintroduites dans d’autres régions de Turquie.

İsrafil Erdoğan explique en effet que le travail de sa division a montré qu’il y a une grande population de gazelles dans la région de Şanlıurfa. Or, « lorsqu’elles sont réintroduites dans la nature, les gazelles continuent de se reproduire et leur population augmente », mais les zones de réintroduction de Şanlıurfa, en raison de leur proximité avec des zones résidentielles, « seront incapables d’abriter plus d’animaux ». D’où le projet de continuer l’élevage des gazelles à goitre pour les libérer « dans les champs appropriés à Mardin et à Şırnak », des zones où elles ont déjà pu courir librement par le passé. Pour se faire, le ministère doit approuver le projet. Des discussions sont donc en cours.

Par ailleurs, İsrafil Erdoğan souligne que d’autres systèmes ont été mis en place afin de protéger cette espèce. À titre d’exemple, lors de la période de rut, les gazelles à goitre, et particulièrement les femelles pleines, sont sous la protection des fonctionnaires. De plus, pour faire face aux périodes de sécheresse, le ministère a installé des abreuvoirs pour les animaux : « nous avons utilisé des matériaux qui résisteront dans la région pendant de nombreuses années. Les abreuvoirs sont remplis d’eau de pluie ou d’eau des ruisseaux et les animaux sauvages s’y abreuvent ». Les efforts des autorités ne s’arrêtent pas là puisque, lors des périodes de chute de neige, du fourrage est laissé à disposition des antilopes.

Rappelant que la torture de tout animal est considérée comme un crime en Turquie, M. Erdoğan a souligné le travail de la Direction de la protection de la nature et des parcs nationaux pour la protection de la vie sauvage dans les villes avant de conclure : « Nous avons endommagé leurs habitats et les avons forcés à vivre dans d’autres endroits éloignés de leurs habitats. J’espère que nous continuerons à être plus tolérants envers les animaux » sans avoir à brandir la menace de la punition.

Camille Saulas

 

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