Politique, Société

Gezi Park : la place Taksim barricadée pour le troisième anniversaire des protestations

Le 31 mai dernier, à l’occasion du troisième anniversaire du mouvement protestataire de 2013 en Turquie, la place Taksim a été barricadée et surveillée par nombre de policiers.

manifestation place Taksim 2013

La place Taksim, au cœur des protestations

protestations 2013

Le mouvement contestataire a débuté le 28 mai 2013, par un sit-in d’une centaine de riverains et d’écologistes s’opposant à la destruction du parc Gezi à Taksim, l’un des rares espaces verts du centre d’Istanbul et qui devait être remplacé par un centre commercial.

Face à l’expulsion brutale du sit-in par la police, les protestations se sont amplifiées. Les manifestants, principalement des jeunes et des étudiants, se sont emparés du parc Gezi et de la place Taksim, en clamant leur mécontentement face à la politique menée par le gouvernement. D’horizons très différents, tant des partisans de droite aussi bien que de gauche, des nationalistes turcs que des Kurdes, se sont regroupés sous le hashtag #occupyGezi.

Le 31 mai 2013, la police a réprimé les 10 000 manifestants avec des gaz lacrymogènes. Au moins 60 personnes ont été arrêtées et des centaines, blessées. Les affrontements sont alors largement relayés dans la presse, et les dirigeants étrangers appellent au calme. Pourtant, des manifestations éclatent dans toutes la Turquie. Selon la Fondation turque des droits de l’homme en effet, du 28 au 4 juin, environ 640 000 personnes ont participé à ce mouvement, 7822 ont été blessées et six sont mortes.

Ces manifestations ont été un tournant pour le parti au pouvoir, qui a fait face à sa première crise interne majeure. C’est dans ce contexte qu’il faut inscrire la journée d’hier.

Trois ans après, entre interdiction et mobilisation

Gezi le 31 mai 2016

Mercredi dernier, à l’occasion du troisième anniversaire desdites manifestations, la place Taksim a été barricadée et une forte présence policière imposée pour éviter tout rassemblement. La police anti-émeute et des policiers en civil ont été déployés autour de la place, ainsi que les véhicules de lutte antiémeute avec des canons à eau.

En dépit de ce contexte défavorable à la mobilisation, un petit groupe de défenseurs a organisé un sit-in afin de contester le projet de bétonnage du parc Gezi. Si l’esprit contestataire existe toujours, il ne parvient plus à soulever les foules, perdues entre l’indifférence et la résignation.

Cependant, les partis d’opposition ont tenu à marquer la journée. Dans une adresse au groupe parlementaire hier, Kemal Kılıçdaroğlu, le président du CHP, principal parti d’opposition turc, a notamment déclaré que la jeunesse « a fait agenouiller un dictateur ». D’après lui, il s’agit d’une bataille pour défendre un mode de vie, ainsi qu’une lutte pour assurer la liberté de leurs identités et croyances.

Myriam Durand

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