Culture

« Grâce à ce type de concours, les compositeurs turcs se font connaître »

Pianiste turque majeure, décorée « chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres » par le ministère de la Culture français, Ayşegül Sarıca a fait partie du jury du concours International de piano Orchestra’Sion Istanbul. Nous sommes allés recueillir ses impressions dans sa magnifique demeure à Moda.

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Le concours de piano est à présent terminé. Qu’en retiendrez-vous ?

Ce concours international a été particulièrement appréciable pour deux raisons: d’une part, il a permis aux candidats turcs de voir quel était le niveau et la manière de jouer des pianistes des autres pays. D’autre part, il a permis de faire connaître plus largement les compositeurs turcs de musique classique. Globalement, je garderai un très bon souvenir de ce concours, j’espère qu’il sera renouvelé.

Qu’avez-vous pensé de l’organisation de ce concours ?

Ce concours était très bien organisé. Je pense à de nombreux détails. Par exemple, il y avait quinze ou vingt minutes de pause entre les passages des candidats. Durant ces temps d’attente, on avait pensé à mettre à notre disposition du café, des petits gâteaux… Les organisateurs avaient pensé à tout ! J’ai également été très touchée par une chose : j’habite à Moda ; or, le jour de la finale, il y avait le marathon d’Istanbul et, par conséquent, le trafic était catastrophique. Les organisateurs ont pensé que j’aurais du mal à me déplacer jusqu’au lycée, que je devrais partir à six heures du matin. Ils ont donc très gentiment réservé une chambre d’hôtel pour moi, près de l’établissement. Ce sont de petits détails, mais ils étaient très importants.

Comment avez-vous trouvé le niveau des pianistes participant au concours ?

Très bon. Vraiment, c’était un niveau très élevé. J’ai fait partie de jurys pour des concours en Europe ces dernières années et je peux dire que le concours organisé par Notre Dame Sion fait partie de ceux avec le meilleur niveau. De plus, les écarts d’aptitudes entre les candidats n’étaient pas très importants.

Quel critère privilégiez-vous dans votre évaluation des candidats ? La technique ou bien l’interprétation ?

Les deux : il fallait être bon sur ces deux points. L’expérience également était très importante. Il y avait peut-être des jeunes dont c’était le premier concours, qui n’avaient pas donné beaucoup de concerts avant. Ça se sentait parfois ; on pouvait sentir que certains étaient nerveux, qu’ils ne donnaient pas tout ce qu’ils étaient capables de donner. Mais c’est quelque chose de tout à fait normal. Il y avait un pianiste turc qui était excellent à la première épreuve, puis qui a été moins bon au second tour. Il y a des jours où l’on ne se sent pas très bien ; ce sont des choses qui arrivent.

Selon vous, la musique classique est-elle populaire en Turquie ?

Dans les grandes villes, oui. Et cet engouement ne décline pas tellement. Par ailleurs, il y a des orchestres de grandes villes qui font des tournées dans toute l’Anatolie, dans des villes qui n’ont pas l’habitude de proposer des concerts de musique classique. Les gens découvrent la musique classique… et ils l’apprécient ! C’est drôle, parce que c’est un genre vraiment différent de notre musique nationale.

Pendant ce concours, des morceaux de compositeurs turcs étaient joués. Est-ce rare d’entendre des compositions turques dans des concours internationaux ?

Saygun est le plus connu des compositeurs turcs et est parfois joué dans des concours internationaux de musique classique, mais cela reste peu fréquent. Cela m’a fait évidemment plaisir que des compositeurs turcs soient, cette fois, mis à l’honneur. C’était une très bonne chose. Grâce à ce type de concours internationaux, les Turcs se font connaître. Il faut que l’on parvienne à être un peu plus connu !

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