Economie

Grèce : l’histoire de la résignation d’un peuple

En 2007, la crise financière frappe de plein fouet les Etats-Unis, menant dans son sillage les pays européens. Pour certains, bien qu’ils l’ignorent encore, c’est le début d’une longue descente aux enfers. La Grèce est touchée au cœur : l’ensemble de sa structure économique est remise en question.

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Les plans d’aide pour la Grèce se succèdent, les politiques de rigueur aussi. Les Grecs voient alors leurs salaires et leur niveau de vie chuter progressivement. Mois après mois, plans d’aide après plans d’aide, l’assainissement de l’économie grecque ne se fait pas sans mal. Le marché noir en Grèce s’avérait très développé, trop important face à un Etat pauvre, incapable de respecter le déficit limité à 3% du PIB par décision de l’Union européenne.

Après avoir triché à plusieurs reprises sur l’état de ses comptes publics, la Grèce est obligée d’admettre qu’elle a besoin d’aide. Mais de quel type d’aide ? Plans de relance ou plans de rigueur ? Les deux camps s’affrontent. Les Grecs soutiennent naturellement un plan de relance tandis que l’Allemagne et l’Europe imposent la rigueur. Un correspondant sur place nous confie ses réflexions : « les Grecs ont largement vécu au-dessus de leurs moyens depuis la rentrée de la Grèce dans l’Union européenne en 2000 », confesse-t-il.

Effectivement, depuis les années 1960 où la Grèce était un pays relativement peu aisé, tout a changé. Le pays s’est développé, mais les finances publiques contrariées par le marché parallèle n’ont jamais été à la hauteur de leur tâche. « Les Grecs sont conscients que leurs conditions de vie étaient bien au-dessus de leurs possibilités », ajoute notre correspondant, « je pense que l’on peut même parler d’une culpabilité grecque ». Si cette culpabilité est discutable, il n’en reste pas moins qu’après l’échec du référendum de juillet qui, après avoir entrouvert la possibilité de reconstruire la Grèce autrement,, a finalement anéanti les espoirs des derniers utopistes. « Une certaine résignation s’est emparée des Grecs. Après la crise estivale de la fermeture des banques, l’économie s’affolait. Les employés suppliaient leurs employeurs de ne pas les payer sur leur compte en banque par peur de tout perdre, les fournisseurs demandaient à leurs clients de retarder l’échéance des paiements… ». Pour autant, peu de manifestations ont eu lieu : « il y a eu au maximum 80 000 manifestants en Grèce qui s’opposaient aux orientations prises par le gouvernement. C’est très peu. » Des Grecs résignés donc, affrontant stoïquement la réalité.

La démission de Tsipras et ses promesses électorales ne semblent pas réellement convaincre une population dont environ 25% des électeurs sont indécis. Si Syriza reste populaire dans l’opinion publique, le parti conservateur Nouvelle Démocratie n’est plus très loin dans les sondages. Les partisans d’Aube Dorée, parti d’extrême-droite, sont quant à eux bien moins populaires : ils ne rassembleraient qu’environ 6,5% des intentions de vote contre 25,5% pour Syriza et 19% pour Nouvelle Démocratie, d’après des données publiées fin août par le quotidien de centre gauche Efimerida Ton Syntakton (Le journal des rédacteurs).

L’avenir de la Grèce, même s’il est incertain, semble sombre pour sa population. Faibles revenus, prix élevés : la vie quotidienne n’est pas facile. Pour autant, le peuple grec semble bien décidé à faire face à son destin.

Anne Laure Gatin

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