Economie, International

Hausse des importations de gaz naturel liquéfié en Turquie au premier semestre

Les importations turques de gaz naturel liquéfié ont atteint un record historique de 7,14 milliards de mètres cubes au premier semestre 2019, selon les données de l’Autorité de régulation du marché de l’énergie de Turquie.

Pourquoi la Turquie importe-t-elle autant de gaz naturel ?

Les raisons sont d’abord naturelles dans la mesure où la géologie turque ne permet pas au pays une indépendance énergétique. En effet, la Turquie ne produit que 0,8 % du gaz naturel qu’elle consomme, elle est donc obligée d’avoir recours aux importations.

Néanmoins, la situation géographique de la Turquie lui confère des avantages certains. En effet la Turquie, qui contrôle déjà le détroit du Bosphore, est au croisement entre une Europe demandeuse de gaz naturel et un continent asiatique riche de ces ressources, ce qui lui assure une position plus que stratégique afin de se hisser au rang de plaque tournante du gaz naturel dans la région. C’est dans cette optique que les dirigeants turcs se sont lancés dans la construction de nouveaux gazoducs notamment le Turkish Stream et le TANAP (gazoduc Trans-anatolien).

Mettre l’accent sur le gaz naturel liquéfié

Malgré cette dépendance énergétique, la part et le volume des importations totales de gaz ont baissé durant le premier semestre de l’année 2019. Cette baisse peut en partie s’expliquer par le fait que l’hiver passé fut relativement doux et que les productions d’énergies renouvelables telles que la production hydroélectrique ont été performantes.

Il n’empêche que si le volume des importations totales de gaz a chuté (23,29 milliards de m3 pour le premier semestre 2019 contre 25,95 milliards de m3 pour le premier semestre 2018), la part d’importation du gaz naturel liquéfié (GNL) a quant à elle considérablement augmenté. En effet, les importations turques de GNL ont atteint un record historique au premier semestre de 2019 avec près de 7,14 milliards de m3.

La Turquie a ainsi quadruplé ses importations de GNL auprès du marché américain pour presque atteindre les 900 millions de m3, devenant ainsi le deuxième plus gros importateur de GNL auprès des États-Unis en Europe et en Asie centrale après l’Espagne.

Les plus gros exportateurs de GNL vers la Turquie restent cependant l’Algérie et le Qatar, bien que les exportations en provenance de la péninsule arabique ont considérablement baissé (34 %) par rapport à l’année dernière.

En revanche, les exportations de l’Algérie vers la Turquie ont nettement augmenté, si bien qu’au premier semestre de 2019 Ankara avait importé près de 3 milliards de m3 de GNL d’Algérie, soit une augmentation de 37 % par rapport aux 2,15 milliards de m3 du premier semestre de 2018.

Un choix énergétique résultant d’une stratégie réfléchie

Ce choix de la Turquie de mettre l’accent sur le GNL ne date pas d’hier et résulte d’un choix datant des années 1990 de miser sur cette énergie. Ainsi, les deux principaux terminaux d’importation de GNL en Turquie sont opérationnels depuis 1994 (pour le terminal de Marmara Ereğlisi) et 2006 (pour le terminal d’Aliağa). La Turquie s’est également dotée de nombreuses unités flottantes de liquéfaction et de regazéification, notamment de la plus grande installation du monde nommée Challenger, qui a ouvert ses portes en février 2018. La construction de ces multiples installations a ainsi conféré à la Turquie des capacités de stockage et d’importation supplémentaires.

Victor Mottin

 

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