Société

Hausse inquiétante des accidents de Métrobus à Istanbul

Le dimanche 3 décembre dernier, une collision de deux Métrobus entre les stations Sefaköy et Çobançeşme a blessé dix-neuf personnes, dont deux sont en situation critique selon les autorités. Bien que le trafic ait repris après un arrêt temporaire, la hausse des accidents de ce type semble être un problème récurrent à Istanbul.

Depuis sa création en septembre 2007, le réseau de transport public a prolongé ses lignes, pour couvrir à l’heure actuelle près de cinquante kilomètres et desservir quarante-cinq stations à Istanbul. Avec près d’un million de passagers par jour, ce système de bus est indispensable à une telle métropole. Malgré le fait que le Métrobus dispose de ses propres sites et n’entre en circulation avec le trafic régulier qu’en de rares occasions, les accidents n’en sont néanmoins pas absents. Depuis ces six derniers mois, le bilan s’élève à soixante-trois blessés et neuf incidents.

Comment expliquer une telle augmentation des risques ? Pour le professeur Mustafa İlıcalı « l’erreur humaine est responsable dans presque 98% des accidents qui ont eu lieu. En trente-cinq ans de carrière, je peux dire que l’incapacité à assumer les longues distances parcourues conduit à des accidents. Les conducteurs sont fautifs », explique-t-il au quotidien Habertürk. Ainsi, les performances des conducteurs semblent être remises en cause. Des formations sont pourtant dispensées par l’Istanbul Electric Tram and Tunnel Company (IETT), mais ces dernières paraissent insuffisantes. « Une formation, une sensibilisation et une supervision plus fortes sont nécessaires pour prévenir les accidents », ajoute Mustafa İlıcalı.

Yeşim Ayöz, directrice de l’Association des victimes d’accidents de la route, partage le même avis et déclare que les compétences des conducteurs doivent être réévaluées. « Les distances de déplacement sont longues et conviennent à la distraction. Comme si cela ne suffisait pas, la plupart des conducteurs utilisent constamment leur téléphone portable en conduisant. Les contrôles quotidiens des véhicules, des routes et des conducteurs sont indispensables. C’est difficile d’être un conducteur professionnel. Je suppose qu’ils travaillent beaucoup et qu’ils se fatiguent. Avec des évaluations de performance à effectuer à la fin de chaque mois, il devrait y avoir des licenciements si nécessaires », a-t-elle déclaré à Habertürk.

De plus, des obstacles plus imposants devraient être installés afin d’empêcher les voitures d’entrer sur les routes réservées au Métrobus, et inversement, aux conducteurs de ces transports publics de perturber le trafic routier. « L’adéquation des routes à ce système Métrobus doit être vérifiée », développe Mustafa İlıcalı.

Les solutions tendent donc vers une meilleure formation, un contrôle régulier des conducteurs de Métrobus et des infrastructures routières plus poussées. Cependant, à l’aire technologique contemporaine, force est de constater que les véhicules peuvent être contrôlés avec des dispositifs intelligents : « les nouvelles technologies doivent être utilisées pour résoudre les problèmes liés à ces véhicules », explique Mustafa İlıcalı. Ainsi, pourquoi ne pas aller plus loin et prendre exemple sur les moyens de transport des grandes métropoles européennes, qui s’orientent vers une automatisation, sinon totale, du moins relative et progressive ? Le 23 septembre 2016, un passager s’en est pris à un conducteur, le frappant avec son parapluie. Ce dernier a chuté de son siège tandis que le Métrobus a continué sa course et a quitté la chaussée. Le bilan s’élevait alors à onze blessés et à une paralysie partielle de l’agglomération. Par conséquent, avec un système intelligent et automatisé, ce genre d’incidents pourrait être évité, diminuant les risques pour les conducteurs, les utilisateurs et le trafic routier.

Alixe Opagiste Rouillon

 

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