International, Politique

Haute tension sur fond de crise diplomatique entre Ankara et Berlin

Crise germano-turque : Mardi 7 mars, le ministre des affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu a annoncé que personne ne l’empêcherait de participer demain à un meeting à Hambourg.
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Lors d’une conférence de presse organisée par la mairie de Beyoğlu, en présence de représentants étrangers, le ministre des Affaires étrangères turc a fermement condamné les annulations successives des meetings prévus dans différentes villes allemandes concernant le prochain référendum turc destiné à modifier la Constitution.

« Un travail systématique est effectué afin d’empêcher les réunions du ministre turc des Affaires étrangères, c’est la même chose pour les autres ministres. Que des pays voisins, des pays que nous considérons comme nos amis, tentent d’influencer, par des procédés inavouables, le processus référendaire en Turquie, n’est pas acceptable », a-t-il déclaré.

Le chef de la diplomatie turque a également fait référence aux pressions « honteuses » des autorités allemandes sur le propriétaire d’une salle où devait se tenir un meeting auquel il devait participer, pour en obtenir l’annulation : « Le retrait de cette licence d’exploitation est contraire aux droits de l’Homme ».

Après avoir rappelé les récents efforts de la Turquie pour aboutir à une issue favorable concernant la réunification de l’île de Chypre, Çavuşoğlu a évoqué les difficultés rencontrées avec l’Europe ces derniers jours, déclarant : « Nous parlons des valeurs communes de l’Europe, de la démocratie, de la liberté, mais il n’est pas acceptable que des pays qui se dressent en donneurs de leçon sur ces sujets envers la Turquie, fassent usage de procédés politiques datant d’avant la Deuxième Guerre mondiale ».

Çavuşoğlu en a profité pour critiquer « la montée des courants populistes en Europe » et « l’incapacité des États à contrer leurs propagandes ».

Dans ce contexte sous haute tension, le chef de la diplomatie turque n’a pas hésité à annoncer officiellement qu’il se rendrait demain (mercredi) à Hambourg « pour y rencontrer ses concitoyens, dans le respect de la liberté et de la démocratie, sans qu’on puisse l’en empêcher ».

Pour conclure, il a rappelé que la Turquie avait à cœur de garder de bonnes relations avec l’ensemble des pays européens, mais qu’en cas d’hostilité de la part de ces États, la Turquie serait contrainte de riposter.

En Allemagne, Mevlüt Çavuşoğlu rencontrera son homologue allemand, Sigmar Gabriel, se rendra à la foire du tourisme de Berlin puis participera à un meeting à Hambourg avec les citoyens turcs.

Sabine Schwartzmann

 

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