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« Hercule de poche : Naim Süleymanoğlu » : l’histoire d’un champion turc à l’écran

Le tournage du film « Pocket Hercules : Naim Süleymanoğlu » (Hercule de Poche : Naim Süleymanoğlu), mettant en scène la vie de ce champion olympique turc décédé d’une insuffisance hépatique en novembre 2017 à l’âge de 50 ans, se poursuit en Bulgarie.

Lors d’une conférence de presse, le producteur du film Mustafa Uslu a déclaré que l’haltérophile turc avait eu une vie remplie de miracles dès ses premiers pas, d’où l’ambition d’en faire un film en reprenant les droits de « Mon frère, cet hercule de poche », de son frère Muharrem Süleymanoğlu : « Personne n’aurait pu nous parler de l’enfance de Naim Süleymanoğlu, à l’exception de Muharrem Süleymanoğlu », a déclaré Mustafa Uslu.

Né de parents turcs en Bulgarie, celui que l’on surnomme « l’Hercule de poche » — il ne mesurait que 1 min 47 – a marqué l’histoire en remportant plusieurs titres olympiques consécutifs, à Séoul en 1988 où il établit un double record du monde, à Barcelone en 1992 et à Atlanta en 1996 où il bat son propre record du monde. Grâce à ces médailles dans la catégorie « poids plumes », il devient le premier haltérophile trois fois titré consécutivement aux Jeux olympiques.

Mais c’est dès son plus jeune âge qu’il a démontré tout son talent. Ayant commencé l’haltérophilie à 9 ans, en 1984, alors qu’il n’avait que 16 ans, il décroche son premier record du monde. L’année suivante, Naim Süleymanoğlu  remporte le titre de Champion du monde.

Fort de seize titres et de 50 records mondiaux, ses exploits ont fait de lui un véritable héros national en Turquie, pays où il obtient l’asile politique en 1986 alors qu’il était la cible des communistes du fait de ses origines dans son pays natal, laissant derrière lui sa famille qu’il ne retrouvera qu’après la chute du Mur de Berlin. Malheureusement, sa nouvelle liberté a rimé avec toutes sortes d’excès qui auront raison de sa santé et finalement de sa vie.

Le réalisateur Özer Feyzioğlu a déclaré lors de la conférence de presse qu’il était très important d’effectuer le tournage en Bulgarie et d’honorer le parcours de l’athlète : « Nous sommes très émus depuis que nous sommes ici. À 19 ans, Naim Süleymanoğlu a pris une décision tout en sachant qu’il risquait sa vie. Il a utilisé le sport pour attirer l’attention sur les violations des droits de l’Homme. Ce sacrifice nous concerne tous. Je pense que mourir à 50 ans n’est pas une décision, c’est presque le résultat naturel d’un voyage consciemment préféré. Nous avons une lourde responsabilité. Nous racontons l’histoire d’un sacrifice, et non pas d’une vie ».

Ce long-métrange, écrit par Barış Pirhasan, met en vedette Hayat Van Eck, Yetkin Dikinciler, Gürkan Uygun, Selen Öztürk, Levent Ülgen, Renan Bilek, Barış Kıralioğlu, Bülent Alkış, Kemal Başar, Maria Rumenova Sotirova, Mehmet Esen, Evren Erler, Mustafa Kırantepe, Ugur Güneş et İsmail Hacıoğlu.

Le film sortira en salle le 25 octobre.

Camille Saulas

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