Chroniques, Culture

Il était une fois le Tur Abdin… d’après le manuscrit de Philoxenos Yuhanon Dolabani (5)

Mardin convoitée par Dhul-Qarnayn et sa descendance.

Kampanien 2013

Mardin fut une région stratégique, dont la position idéale, permettait d’assurer les liaisons entre la Mésopotamie et l’Asie Mineure, et bien au-delà. Les Mèdes, originaire de la Perse antique, l’ont effectivement bien compris. Bien qu’une place importante dans l’histoire du Moyen-Orient leur soit généralement reconnue, les Mèdes n’ont laissé aucune source textuelle permettant de reconstituer leur histoire. Les seules traces à disposition des historiens et archéologues proviennent des écrits des civilisations extérieures, telles que celles assyriennes, babyloniennes et grecques. Les récits relatifs à ce peuple, rapportés par l’historien et géographe grec Hérodote (480-425 av. J-C), ont laissé l’image d’une civilisation puissante dont le rôle fut déterminant dans la chute de l’Empire assyrien. Les Médès rivalisaient avec les puissants royaumes de Lydie et de Babylone jusqu’à l’arrivée d’Alexandre le Grand.

D’après la légende, les Macédoniens Grecs appartiennent aux Banu Yawan, fils de Japhet, l’un des douze enfants de Gaïa (la Terre) et d’Ouranos (le Ciel). Ils sont à l’origine un peuple de Phénicie appelé les Titans, vers l’an 2000 avant J.C. Les cités grecques, caractérisées par une organisation urbaine exemplaire, étaient alors reconnues sur l’ensemble du pourtour méditerranéen pour leur raffinement. Le modèle de ces cités suscitait l’admiration. Leur pays était divisé en plusieurs principautés dont les plus célèbres étaient Sparte et Athènes. La domination était sans nul doute républicaine. La Macédoine appartenait à Alexandre le Grand, connu sous le nom de Dhul-Qarnayn en l’an 226 avant J.-C.

Kampanien 2013

Très jeune, Alexandre était déjà doté d’une grande personnalité. C’était un homme charismatique et inspiré. Sa détermination fut une de ses principales qualités, l’amenant à atteindre ses objectifs. Son père Philippe II avait pris soin de lui offrir une bonne éducation auprès du philosophe Aristote, et de lui transmettre l’ensemble des convenances d’un futur roi. Après sa mort, Alexandre le succéda à l’âge de dix-huit ans. Alors, qu’il avait à peine vingt ans, il prit la décision de mettre en œuvre le plan de son père en combattant les Perses, et en libérant les Grecs. Il convoqua l’Assemblée à Corinthe et fit connaître ses intentions ; intentions qui furent acceptées. Il commanda l’armée grecque, et après des batailles successives, il conquit l’armée perse près de la ville de Mariandros, située dans la partie sud de la Cilicie. Les Perses commencèrent à battre en retraite en abandonnant leur roi mort près du Mont Qazbin. Les Grecs s’emparèrent des territoires et étendirent leur domination à Mardin.

Auparavant, quand Alexandre avait franchi les Dardanelles, l’ère hellénistique s’était offerte à l’Anatolie. Ses îles cyclades égéennes étaient devenues les rayons de soleil de cette riche civilisation qui s’étend jusqu’en Afrique et en Asie profonde pour atteindre l’Indus. Mais, avant de rejoindre la Mésopotamie et étendre son influence jusqu’aux portes de la Chine, Alexandre livra bataille à Darius, dans la plaine d’Issos. Ce fut une victoire écrasante. Il renonça toutefois, à le poursuivre en Orient, et préfèra s’occuper d’abord de l’Egypte où il fonda, en face de l’île de Paros, le port, qui deviendra pour un millénaire, la nouvelle capitale du pays et le centre du monde hellénistique : Alexandrie.

Les Perses n’avaient pas dit leur dernier mot. Darius III constitua de nouveau une armée en vue de contrer l’influence d’Alexandre. Ce dernier finit par reprendre la route de l’Asie mineure pour combattre l’Empire Perse : c’est la bataille d’Arbeles (Erbil).

Après la mort d’Alexandre à Babylone, le 28 mai 232 av. J-C, le royaume fut divisé en quatre sections suite à des querelles et guerres féroces. Cette situation a affaibli la domination de la descendance d’Alexandre. Séleucis Ier, surnommé Nikanor, prit possession de la partie est du royaume, en l’an 211 avant J-C et nomma la ville d’Antioche en mémoire de son père Antiochus, et en fit, par la suite, la capitale de son royaume.

La ville de Mardin était une des contrées orientales qui lui était soumise. Mais la période de règne des Séleucides sur Mardin n’a pas duré longtemps. Les successeurs d’Alexandre le Grand, et les Perses, en autres, réussirent à se libérer du joug séleucide. Pendant que ces derniers combattaient les Égyptiens, les Perses et les Bactriens, les habitants de la Bactriane (Boukhara) profitèrent de l’occasion pour nommer un nouveau roi : Arshaf en l’an 237 avant J-C.

Les Arthiens déclarèrent, à leur tour, leur indépendance et prirent le contrôle de la région de Bactriane, suscitant l’admiration de toutes les tribus vivantes de l’Euphrate jusqu’en Inde.

Sarah Guerfi

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