Environnement, Société, Tourisme

Îles aux Princes : remplacement des calèches par des véhicules électriques

La municipalité d’Istanbul souhaite mettre à disposition de nouveaux modèles de véhicules électriques pour se déplacer sur les Îles aux Princes (« Prens Adaları » en turc), situées dans la mer de Marmara, au large des côtes d’Istanbul.

 Ces nouveaux moyens de transport ont été initiés par la municipalité dans le but de remplacer les fameuses calèches tirées par des chevaux (« faytons ») faisant l’objet de nombreuses controverses en raison du mauvais traitement que subissent les chevaux.

En plus de longues années de lutte contre la maltraitance des chevaux et pour la cause animale en général, l’abattage en 2019 de plus de 80 chevaux en raison de la bactérie Burkholderia mallei, qui entraine la maladie infectieuse de la morve, a provoqué la suspension des calèches sur les Îles aux Princes.

Lire aussi : La législation turque sur les droits des animaux est en cours d’élaboration

À partir de cette semaine, deux types de véhicules électriques devraient être mis en service : 20 des véhicules ont une capacité d’accueil de quatre personnes, tandis que 40 autres auront une capacité d’accueil de 14 personnes. Au total, ce sont donc 60 véhicules qui ont été achetés dans le but d’offrir aux visiteurs des moyens de déplacement silencieux et respectueux de l’environnement.

Les prix de ces transports seront déterminés par le Centre de transport et de coordination de la municipalité (UKOME). L’Istanbulkart, utilisée dans les transports publics de la ville, sera valable pour les véhicules électriques.

 

Plus de 400 chevaux meurent chaque année. « L’espérance de vie approximative pour les chevaux est de vingt ans. Mais l’espérance de vie des chevaux utilisés pour tracter des calèches est de seulement deux ans une fois qu’ils ont commencé à travailler », affirme Elif Narin, une activiste, au quotidien Hürriyet.

Lire aussi : Plus de 400 chevaux utilisés pour les calèches meurent chaque année à Istanbul

Des photos partagées sur les réseaux sociaux avaient même attisé la colère du public, alors qu’on voyait des chevaux surexploités et mal nourris qui tentaient en vain de monter une pente en pleine chaleur estivale. Ils finiront abandonnés et morts de soif. « Il y a des chevaux partout, mais il n’y a pas de centre vétérinaire ou médical. La municipalité métropolitaine d’Istanbul établit le prix des voitures, mais rien n’est fait pour la santé des chevaux », dénonçait Narin.

Stambouliotes et amoureux des animaux ainsi que de la nature ont apprécié que de tels véhicules électriques soient mis en service pour remplacer les calèches qui, jusque-là, étaient le seul moyen de transport. « Les chevaux de trait ne seront plus laissés pour morts », a tweeté un internaute, faisant référence aux chevaux qui s’écroulaient en tirant une voiture attelée.

Mais d’autres ne sont pas satisfaits par l’initiative, notamment en raison de la conception des véhicules. « N’avez-vous pas dit esprit, patrimoine, culture, histoire des îles ? Vous pourriez trouver une solution plus “créative” qu’une camionnette colorée », a tweeté la journaliste Karal Valansi, exprimant son mécontentement à propos des nouvelles voitures électroniques. « Il n’y a aucune autre âme que celle des chevaux morts sur les îles. Ils ne mourront plus », a répondu un autre utilisateur au message de Valansi. « Cela aurait pu être plus authentique. J’ai vu plus de véhicules électriques similaires aux faytons à l’étranger. Nous sommes très satisfaits des îles, mais les véhicules auraient dû être plus nostalgiques », a déclaré Murat Horman, un habitant de Büyükada. « Les calèches sont le symbole de l’île depuis des années. Bien sûr, il n’est pas correct de l’utiliser comme moyen de transport, car les chevaux ne peuvent pas supporter ce fardeau », a déclaré Mesut Yalçın, le propriétaire d’un magasin sur l’île.

Abou el amaim Nada

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *