Politique

Imbroglio post-électoral et conséquences de l’opportunisme politique

Des candidats condamnés investis, des investitures par erreur, des conseillers du gouvernement sortant investis comme membres issus de la société civile… Cinq jours après l’élection d’Emmanuel Macron à la tête de l’État, le melting-pot entourant son mouvement s’éparpille et interpelle déjà. Les épisodes Valls et Bayrou illustrent-ils les conséquences malheureuses de l’opportunisme politique ? Les élections législatives à venir s’annoncent… intéressantes.Des acteurs soutenant un mouvement dont ils ne font pas partie

L’engouement pour la candidature d’Emmanuel Macron remonte à plusieurs mois déjà. François Bayrou a récemment reconnu l’accord électoral conclu en février dernier et qu’il niait jusque-là. En échange du soutien du MoDem lors de l’élection présidentielle, il a été prévu de présenter des candidats communs au cours des élections législatives à venir.

S’agissant de Manuel Valls, ancien Premier ministre et membre du Parti socialiste depuis 1982 (en ayant débuté dans le MJS), en dépit de sa promesse sur l’honneur de soutenir Benoît Hamon, le candidat de son parti, il a appelé à voter Emmanuel Macron dès le premier tour du scrutin présidentiel et souhaité être investi par la majorité présidentielle.

L’humiliation et la cacophonie autour des investitures

Ces deux figures du paysage politique ont assez vite revu leurs ambitions politiques. Sur les 120 candidats communs prévus pour le MoDem et En Marche !, seuls 38 ont été finalement prévus, faisant déjà vaciller l’accord électoral. François Bayrou a dénoncé ce qu’il estime être le fruit d’un « recyclage » des membres du Parti socialiste.

Le cas de l’ancien Premier ministre socialiste cette semaine était rempli de rebondissements. Malgré ses déclarations, les cadres de la majorité présidentielle et la presse lui ont non seulement rappelé qu’une procédure spécifique s’appliquait à tous, mais aussi qu’il ne remplissait pas les critères exigés. En guise de compromis, il n’aura pas de candidat dans sa circonscription.

Des « SDF » politiques accusés d’opportunisme

L’accord électoral non respecté et l’apparent rejet tant par la majorité présidentielle que par le Parti socialiste, font de François Bayrou et Manuel Valls les symboles des politiques sans engagement fixe ou profond qui en payent le prix aujourd’hui. Sur les réseaux sociaux, nombre d’internautes se sont réjouis de ce qu’ils estiment être le juste retour face à l’opportunisme.

Cela dit, il convient de ne pas sous-estimer la pérennité de cette stratégie aussi vieille qu’efficace. Compromis pour M. Valls, ténors de droite et gauche ménagés, discussions avec François Bayrou, investiture d’individus comme Aurore Bergé, ancienne LR aux revirements multiples, et Gaspard Gantzel, conseiller du Président sortant : l’avenir des macroniens inattendus semble assuré.

Crédit photo : AFP

K.A

 

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