Art, Découverte, Société

Immersion dans la troisième édition d’Artweeks à Istanbul

La troisième édition d’Artweeks@Akaretler qui présente les œuvres d’artistes turcs et étrangers se déroule en ce moment et cela jusqu’au 22 septembre au Akaretler Sıraevler d’Istanbul.

Armé de mon appareil photo, c’est le pas hésitant que je franchis la porte du premier bâtiment, frontière invisible marquant mon entrée dans l’univers de l’art contemporain, genre artistique dont je n’ai ni les codes ni la maîtrise.

Au-delà de ces murs, chacune des nombreuses pièces s’annonce être une véritable découverte artistique, chaque recoin dévoilant son lot de surprises, d’étonnements ou de fascinations.

Mon aventure commence juste et voilà mon regard immédiatement attiré par un cube dans lequel brindilles, feuilles et terre sont disposées aléatoirement. Étonné par cette première œuvre, intitulée Living Space, je recherche des éclaircissements auprès de la petite fiche explicative détaillant les intentions de l’auteur située à quelques mètres de la création.

« J’utilise des moisissures microscopiques qui laissent des inscriptions physiques par contact direct sur une surface nutritive qui crée une plate-forme vivante. […] J’extrais la moisissure des matières organiques, comme les écorces d’arbres, les petites branches, les feuilles, la terre et les spécimens humains comme les cheveux. »

Intrigué, je poursuis ma lecture et découvre que Living Space est une œuvre mouvante dans le sens où les visiteurs sont invités à y déposer de la matière organique récoltée dans les rues d’Istanbul ou bien une mèche de cheveux, représentant alors métaphoriquement le changement d’un espace naturel dû à l’activité humaine.

Agréablement étonné par ce concept d’œuvre en mouvement, j’entreprends la poursuite de ma visite. De salle en salle, une pluralité de monde s’offre à moi : peintures en relief, collages, dessins à l’encre, superposition de plaques de plexiglas et de nombreuses autres combinaisons n’en finissent plus de m’intriguer, et l’envie d’explorer le moindre détail de chaque œuvre se fait de plus en plus fort.

C’est ainsi que, au deuxième étage du second bâtiment, mon regard se pose sur ce qui s’apparente à un portrait du faciès d’une femme de près de 1,40 mètre de haut pour un mètre de large. Tout en m’approchant, je me rends progressivement compte que ce portrait est en fait une addition de plusieurs couches de plexiglas toutes traversées par des fils de fer de couleurs différentes formant les contours et les formes du visage. L’artiste à l’origine de cette prouesse, Neverser Özenbas, semble être friand de ce genre de composition puisqu’à quelques mètres de la première œuvre s’en dresse une seconde du même style, d’une teinte bleutée, dont les contours semblent plus flous, accentuant alors le côté énigmatique du portrait.

Poursuivant mes pérégrinations à travers pièces et étages, je m’arrête longuement devant une sculpture quelque peu étrange, mais fascinante, représentant un homme à genoux dont la tête s’avère ne pas être taillée (Artiste : Güler Güclü, Titre: Ineluctable Weight).

Un quart d’heure plus tard, je me retrouve nez à nez avec ce qui s’avèrera être ma pièce préférée de l’exposition. Intitulée Overthinking et confectionnée par Monika Bulanda, cette œuvre d’une dimension impressionnante (138 x 165 cm) est un collage à l’acrylique sur plusieurs pièces de bois matérialisant un visage en train de se désagréger.

L’aspect subjuguant de cet ouvrage me permet de poser un point final sur cette magnifique exposition que je recommande aux non-initiés (comme moi) comme à ceux maîtrisant mieux le sujet.

L’événement sera ouvert jusqu’au 22 septembre.

Victor Mottin

 

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