Economie, International

Inauguration du Forum économique « Turquie-Afrique » par le président Erdoğan

Le président turc Recep Tayyip Erdoğan s’est exprimé lors de l’ouverture du sommet économique Turquie-Afrique à Istanbul, ce mercredi, inaugurant deux jours de discussions économiques bilatérales intenses, du 2 au 3 novembre. Critiquant les stratégies économiques occidentales passées et présentes sur le continent africain, le président turc a affirmé son désir de nouer des relations économiques durables et réciproquement bénéfiques entre l’Afrique et la Turquie. Relations qui doivent s’affranchir, selon lui, du modèle mondialisé, dont le président a rappelé les répercussions néfastes sur l’économie, le terrorisme, mais aussi sur la crise migratoire.africa_turquie_2016« La mondialisation est une forme de néo-colonialisme »

Plus de 1.500 représentants d’entreprises venus de 50 États africains différents étaient présents ce matin à Istanbul, accompagnés de leurs délégations économiques respectives. Chambres du Commerce nationales, Chambre du Commerce Panafricaine ou encore l’Union Africaine, tous ont reçu un chaleureux accueil de la part du gouvernement turc, en la personne du ministre de l’Économie turc, Nihat Zeybekci, et du président turc. Ces deux derniers se sont exprimés à la suite des représentants respectifs du secteur de l’entrepreneuriat privé, Ömer Cihad Vardan, président du DEIK [Bureau des Relations Économiques Étrangères], pour la Turquie, et Solomon Afework, président de la Chambre de Commerce Panafricaine.

Le ministre turc de l’Économie a ainsi rappelé les acquis obtenus dans les relations turco-africaines depuis ces dernières années : la suppression de la double taxation entre la Turquie et onze pays africains, l’acceptation progressive d’un Accord de Coopération économique par les États africains (39 États partenaires en 2015 contre 23 en 2003), ou encore la mise en place d’une zone de libre-échange partagée avec plus de quatre États à ce jour (contre zéro en 2003). Nihat Zeybekci a conclu sur ces progrès en évoquant l’augmentation fulgurante des volumes d’échanges, totalisant 19,5 milliards de dollars en 2015, soit une augmentation de près de 16 % depuis 2008. Un volume qui a presque triplé depuis la mise en place légale de la coopération économique turco-africaine, en 2003. Des résultats solides et positifs pour l’avenir des relations entre ces deux acteurs économiques, et auquel ce Forum 2016 propose de réfléchir durant plus de deux jours.

Le président Erdoğan a salué à son tour ces résultats de bon augure pour les États africains, « comme la Turquie », qui ont « refusé de devenir des colonies ou des citoyens de seconde classe, reconquérant leur liberté avec leurs dents, et leurs griffes ». À la lumière de cet éloge de l’indépendance africaine, le président turc a pointé du doigt l’ingérence occidentale dans l’économie mondiale, déclarant : « dans la défense, les télécommunications, dans la technologie en général ; on attend des pays une obéissance à ce système mondial. La Turquie comme les pays africains sont aujourd’hui dictés par ce système mondial qui est une forme de néo-colonialisme ».

Le président turc a ensuite pris exemple sur les actions militaires menées en Irak et en Syrie pour dénoncer l’hypocrisie occidentale sur la question migratoire, épinglant l’attitude de pays qui « déstabilisent le Moyen-Orient et ferment leurs frontières » préférant « laisser se noyer dans la mer ceux qui fuient ce conflit ». Il a également mis en garde les représentants africains contre la présence du mouvement de Fethullah Gülen (accusé d’avoir organisé le putsch manqué du 15 juillet dernier en Turquie), sur le continent africain.

Au terme de son discours inaugural, le président turc a fait part de son désir de développer le réseau diplomatique turc en ouvrant de « nouvelles ambassades à travers tout le continent », concluant : « la Turquie ne vise pas une coopération économique transitoire avec l’Afrique, un partenariat d’un jour, mais une amitié éternelle ». Son ministre de l’Économie a quant à lui insisté sur l’accélération du développement de la zone de libre-échange entre la Turquie et les États africains, prenant l’horizon 2017 comme « l’année du libre-échange » entre les deux acteurs économiques.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *