Economie, Environnement, Société

Inauguration du troisième pont du Bosphore

Le Président turc, Recep Tayyip Erdoğan, inaugure aujourd’hui le troisième pont sur le Bosphore. Réalisé par le français, Michel Virlogeux, ce pont spectaculaire participera au rayonnement mondial de La Sublime Porte. 

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La cérémonie du 26 août pour l’inauguration du pont Sultan Yavuz Selim, qui reliera la rive asiatique et européenne, se fera en présence de nombreuses personnalités officielles et, en premier lieu, du Président turc qui tenait particulièrement à ce projet pour redonner à Istanbul, dont il a été le maire, l’éclat qu’elle a eu sous l’Empire ottoman.IMG_9674

Son concepteur, qui n’est autre que le français, Michel Virlogeux, a d’ailleurs rapporté à l’AFP que : « Ce pont met la Turquie au premier plan mondial, c’est le plus spectaculaire construit ces dernières années ».

Un ouvrage titanesque

Il est vrai que le pont jeté entre les deux rives d’Istanbul, qui comporte deux fois quatre voies pour la circulation et deux voies ferrées, est on ne peut plus majestueux et impressionnant.

Il faut dire que l’ouvrage a eu le droit à l’un des meilleurs ingénieurs constructeurs structuraux mondiaux de ponts et de viaducs, à savoir : le Français Michel Virlogeux, qui a, entre autres, conçu le Viaduc de Millau et le pont de Normandie. Fidèle à son talent, il a construit ce pont à la plus grande portée du monde – avec 1408 mètres entre deux pylônes- avec l’ingénieur suisse, Jean-François Klein, et la joint-venture sud-coréenne (Hyundai et SK) qui était chargée de la construction.

Cette œuvre « très originale » représente aussi un véritable défi technique du fait de la géologie du site – les rives du Bosphore étant très abruptes –. Ainsi, le pont est à la fois suspendu et haubané, lui donnant une « élégance architecturale », comme l’explique Michel Virlogeux ; tandis qu’une partie des haubans ont dû être ancrés directement dans le sol. 

Le pont de tous les records

Lorsqu’il sera achevé, l’ouvrage ne fera pas moins de 1,4 kilomètre de long et 59 mètres de large, faisant de lui le plus grand pont ferroviaire du monde. Quant à sa hauteur – 323 mètres -, il rivalise avec la Tour Eiffel (324 m), mais reste moins haut que le Viaduc de Millau.

IMG_9673C’est aussi la rapidité avec lequel le pont a été construit qu’il est nécessaire de saluer : trois ans et demi seulement ont été nécessaires pour ériger ce projet. Comme le souligne Michel Virlogeux, ceci s’explique par la volonté des autorités turques et le travail acharné des entreprises engagées : « Il y a eu à la fois une volonté politique du gouvernement turc et une extraordinaire mobilisation des entreprises

La somme déboursée pour ce pont est vertigineuse, le troisième pont du Bosphore ayant coûté près de 900 millions de dollars – soit environ 800 millions d’euros-.

Dégorger Istanbul

L’objectif de cette infrastructure est de décongestionner Istanbul – qui compte 18 millions d’habitants – dans le cadre du mégaprojet autoroutier de 150 km Anatolie-Europe.

Comme l’indique le ministre des Transports, Ahmet Arslan: « Le pont va soulager le trafic (à Istanbul) de 30% et alléger la pression sur les deux autres ponts ». 

Polémiques

Le pont n’est pas encore mis en service que plusieurs sujets à son propos créent la polémique.

Son nom d’abord : Sultan Yavuz Selim, ancien Sultan Ottoman, ne fait pas l’unanimité, Sélim 1er ayant persécurité la minorité chiite alévie. Son concepteur est lui même peu enthousiaste quand on évoque le nom de son œuvre : «Sans alimenter la polémique, j’aurais préféré qu’on lui donne le nom de Sinan, un des plus grands architectes de tous les temps».

Parmi les détracteurs de ce projet, de nombreux environnementalistes qui avancent qu’aucune enquête d’impact environnemental n’a été réalisée au préalable. Ils s’indignent que, en plus d’étendre davantage la ville d’Istanbul, au nord, vers la mer Noire, les autoroutes d’accès vont traverser « le poumon vert » de la métropole tentaculaire: la forêt de Belgrade.

Camille Saulas. 

4 Comments

  1. Emmanuel Delahaye

    « 900 millions de dollars – soit environ 298 millions d’euros »

    Hum … je ne savais pas que le dollar était aussi bas !

  2. Emmanuel Delahaye

    Merci pour la correction !

  3. Zeki Ergas

    Évidemment ce pont est une réalisation extraordinaire, formidable. Mais est-il vraiment nécessaire? Son coût très élevé est-il justifié? Les réponses à ces questions n’apparaîtront que plus tard. Ce qu’on peut dire pour le moment, c’est une réalisation totalement étrangère: les ingénieurs sont étrangers, l’entreprise qui l’a construit est étrangère. Donc, en quelque sorte, c’est un projet colonial, et le risque qu’il se révèle, à long terme, un éléphant blanc – comme le barrage Inga au Congo, par exemple – est élevé. Ce projet – comme le palais présidentiel et l’aéroport le plus grand du monde (en construction) – est mégalomane n’aurait pas pu être réalisé sans le soutien enthousiaste du Président Recep Tayyip Erdogan dont le pouvoir est proche d’absolu en Turquie. C’est, comme le reste, un coup de poker qui peut réussir, mais il peut aussi échouer catastrophiquement. Le prix de l’hubris des rois était en général dans la Grèce antique, espérons que ce ne sera pas le cas de la Turquie ….

  4. osmane djoudi

    Il reste une construction utile
    D’ une maniere ou autre quelque soit son priX de revient , somme etulisee mieux que d etre volee , comme certains pays

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