Economie, International, Société

Les inégalités galopantes, le mal qui ronge nos démocraties

Nous voilà en décembre, j’écris le dernier article de l’année 2017 et j’ai l’impression qu’à Istanbul le temps passe plus vite qu’ailleurs. La ville subit d’importantes transformations, mais étrangement rien ne semble atteindre sa formidable énergie.

À l’international, les choses se bousculent, mais rarement dans le bon sens. Avec un président américain qui bafoue sans le moindre souci les règles de la diplomatie et ignore les accords passés, nous nous trouvons ainsi face à une « administration américaine engagée dans une dangereuse déstabilisation de la communauté internationale ».

Et que dire de l’Union européenne (UE) qui s’éloigne chaque jour un peu plus des valeurs qui la rendaient unique ? Comment expliquer la montée des partis populistes dans toute l’UE, y compris en Allemagne ?

Le premier rapport sur les inégalités mondiales a été publié le 14 décembre dernier. Ce dernier se base sur le travail d’une centaine d’économistes réunis au sein de la World Wealth and Income Database. D’après le rapport, « depuis 1980, la plupart des pays sont devenus plus riches… Mais leurs gouvernements se sont appauvris et c’est l’un des moteurs de la hausse des inégalités ». En effet, l’étude de la répartition du capital public et privé révèle que « sous impulsion des privatisations et de la hausse des emprunts publics » il y a eu d’importants transferts du secteur public vers le privé. Ce qui « restreint la capacité des gouvernements à redistribuer les revenus et à limiter la progression des inégalités ».

« Les États-Unis restent le plus inégalitaire des pays riches. Le Moyen-Orient, champion des inégalités. En Russie, après 1989, les revenus moyens ont augmenté, mais aussi les inégalités. Enfin, l’Afrique s’est appauvrie par rapport aux autres continents », précise le rapport.

Le rapport ajoute que, « depuis les années 1980, le 1 % le plus aisé a capté 27 % de la croissance quand, dans le même temps, les 50 % les plus pauvres devaient se contenter de 12 %. Les inégalités sont ainsi en hausse partout dans le monde. Néanmoins, certaines politiques publiques, notamment la fiscalité progressive, peuvent les atténuer ».

L’Asie est le continent qui a le plus profité de la mondialisation des échanges. Ainsi, des millions d’individus sont sortis de la pauvreté et constituent désormais une classe moyenne qui était inexistante au paravent. La grande perdante de la mondialisation est indéniablement la classe moyenne occidentale dont le revenu stagne depuis 40 ans. On constate ainsi que « la mondialisation est en train d’instaurer un nouvel ordre mondial de la répartition des richesses ».

Selon les conclusions du rapport, la libéralisation des échanges doit être encadrée afin de corriger les dérives qu’elle peut engendrer. Dans le cas inverse, à terme, c’est la démocratie qui sera en danger. On constate en effet que, depuis les années 1990, un grand nombre des personnes les plus pauvres basculent dans le populisme. Désormais, cette menace guette les classes moyennes. Se consterner et condamner le phénomène ne suffisent plus. Les responsables politiques doivent prendre les mesures qui s’imposent avant qu’il ne soit trop tard.

Mireille Sadège, rédactrice en chef

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *