Economie, International

Interview de M. Nolwenn Allano, Directeur régional de Gras Savoye

Né à Lille il y’a plus de 100 ans, Gras Savoye est depuis 1992 le premier groupe de courtage d’assurance, de réassurance et de management du risque en France, et aujourd’hui le dixième mondial. Déjà présent dans une quarantaine de pays, Gras Savoye a des clients dans plus de cent pays. Aujourd’hui la Turquie a rencontré M. Nolwenn Allano, Directeur de la région Europe de l’Est, Géorgie, Irak et Turquie, à l’occasion d’un « Very private cocktail »  à l’honneur de Gras Savoye, ce lundi 23 septembre 2013 à Istanbul, avec la présence, entres autres, de nombreux partenaires croates, géorgiens ou encore irakiens.

Gras savoye

Pouvez-vous décrire votre société ?

Gras Savoye n’est pas une compagnie d’assurances traditionnelle. Nous proposons énormément de conseils à forte valeur ajoutée à nos clients qui sont des entreprises, grandes ou petites, qui investissent en Turquie ou à l’étranger et qui ont besoin de conseils pour prendre le plus d’initiatives, de risques, mais avec la meilleure sécurité possible. Plus il y a de risques pris, plus il y a de projets. Mais pour que le plus grand nombre de projets se réalise, il faut que les risques soient les plus faibles possibles. Nous aidons donc ces investisseurs à réduire les risques.

Vous conseillez donc des entreprises étrangères qui investissent en Turquie….

Nous conseillons aussi les Turcs qui souhaitent investir à l’étranger et en Turquie.

Ces investisseurs turcs ont-ils des préférences pour des zones géographiques précises ? Est-ce plutôt l’Union Européenne qui attire, ou des pays voisins comme l’Irak et l’Iran ?

Les Turcs investissent souvent dans la construction ou dans la manufacture. On voit aujourd’hui un grand engouement pour les pays d’Afrique du Nord, comme l’Algérie ou le Maroc. Il y a aussi depuis un long moment un intérêt considérable pour les pays comme l’Irak, la Géorgie… pour la zone voisine à l’Est de la Turquie en général.

Comment évolue le nombre d’entreprises étrangères investissant en Turquie ?

Il y a de plus en plus d’investisseurs étrangers en Turquie. Leur taille diffère. A une certaine époque, on voyait surtout de grandes entreprises investir en Turquie. Aujourd’hui, on remarque aussi que de plus en plus de PME étrangères s’implantent en Turquie.

Ces entreprises sont-elles principalement européennes, américaines ou moyen-orientales ?

Elles viennent de partout. Beaucoup d’entreprises européennes investissent en Turquie, aux cotés d’entreprises venant du Moyen-Orient. Le nombre d’investisseurs asiatiques s’élève lui aussi progressivement.

Les événements de Taksim et du parc Gezi ont-ils refroidi l’engouement des investisseurs étrangers pour la Turquie ?

Non, disons plutôt qu’ils ont incité les investisseurs à se poser des questions sur l’intérêt d’investir en Turquie et sa stabilité. Depuis 10 ans, on nous parle d’une Turquie stable, en croissance. Ces récents événements ont simplement appelé les investisseurs à réfléchir davantage à cette stabilité. Certains ont décidé d’ajourner leurs investissements, d’autres ont décidé de les reporter, mais ce n’est qu’un différé dans le temps.

Dans quels domaines trouve-t-on le plus d’investissements ?

La Turquie est très dépendante en énergie, il y a donc plusieurs projets dans ce domaine. Il y a aussi beaucoup d’investissements dans tout ce qui est médical, logistique, ainsi que dans ce qu’on appelle généralement le « retail », la grande distribution. Le tourisme est un secteur qui a toujours lui aussi attiré beaucoup d’investisseurs et cela continue.

La baisse de la fréquentation touristique des pays arabes voisins, au vu la situation sécuritaire, a-t-elle joué en faveur de l’attractivité du secteur touristique turc ?

Il s’agit là d’une supposition, cela est probable.

La Turquie possède 65% des réserves mondiales de bore, qui est parfois décrit comme le « pétrole de demain ». Ce domaine attire-t-il les investisseurs ou s’agit-il d’un terrain encore peu exploré ?

Ces réserves existaient déjà il y a 10 ans. Or, sur ces 10 dernières années, qui s’est intéressé à ce sujet ? Et dans 10 ans, est ce qu’on parlera du bore turc de la même manière qu’on en parle aujourd’hui ? On ne peut pas répondre pour l’instant à cette question.

Hind Al Aissi

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