Cinéma

Iris : Jalil Lespert irise la toile cinématographique

iris affiche filmTel est pris qui croyait prendre… Une morale énoncée par La Fontaine que l’on avait presque oubliée mais remis au goût du jour par Jalil Lespert dans son nouveau long métrage Iris.

Un scénario bien ficelé

Bien loin des biopics en référence au sulfureux et polémique Yves Saint Laurent, cette fois-ci le cinéaste nous plonge dans un thriller sombre aux multiples rebondissements et au suspens très prenant où Jalil Lespert lui même, Romain Duris, Camille Cottin et Charlotte Le Bon son actrice fétiche, se côtoient pour un film ouvertement inspiré de Chaos du réalisateur japonais Hideo Nakata ainsi que de Gone Girl de David Fincher. Et pour cause, le récit s’intéresse au personnage d’Iris, la femme d’Antoine Doriot, un riche banquier joué par Jalil Lespert.

Cependant un beau jour, elle disparaît en plein Paris. Max qui n’est d’autre que Romain Duris, un jeune mécanicien endetté, pourrait bien être lié à son enlèvement. Mais les enquêteurs dont l’enquêtrice principale s’avère être Camille Cottin, sont encore loin d’imaginer la vérité sur l’affaire qui se déroule sous leurs yeux.

Au fur et à mesure le piège se referme sur le spectateur

En effet, si le spectateur semble être trompé et manipulé tout au long du film par le réalisateur, il n’est pas au bout de ses surprises concernant l’intrigue qui se rapproche d’un véritable drame policier. L’ambiance paraît sombre, oppressante voire suffocante tout comme le scénario bien ficelé qui révèle un film haut en émotion et en surprise. Si dans certains films la trame semble déjà entièrement dessinée, ici il faut se méfier des apparences.

iris

La musique pourrait-on dire industrielle, irritante mais non moins bien choisie, renforce ce côté angoissant et suspicieux tout comme les plans des scènes qui s’apparentent à des véritables tableaux vivants. Chaque plan est alors filmé à la perfection tels que les plans rapprochés où le cinéaste s’intéresse aux émotions des personnages et cherche à capter la complexité psychologique de chacun. L’ambiguïté domine alors, que ce soit dans leurs attitudes ou dans leurs actes.

Au fur et à mesure le piège se referme sur le spectateur et complémentent berné, il se retrouve face à une situation qu’il n’avait pas prévue. Pari réussi pour le réalisateur. Car le spectateur s’interroge, se questionne sur ce film qui fait réfléchir. Or, n’est-ce pas là la fonction et le rôle premier de l’art ?

Une inquiétante étrangeté

IRIS

Quant aux acteurs, Cédric Klapisch ne s’était pas trompé sur le talent Romain Duris qui se confirme en tant qu’acteur de génie, parfaitement en harmonie avec tout type de personnage à jouer. A contre emploi dans des rôles auxquels on ne les attendaient pas, Charlotte Le Bon et Camille Cottin surprennent. Bien loin des comédies populaires et gentillettes, la célèbre Connasse se débrouille plutôt pas mal en enquêtrice mais la réelle révélation c’est évidemment Charlotte Le Bon qui par son regard hagard envoûte, émoustille le spectateur, le défie et se joue de lui, pour un rôle qui lui colle presque à la peau, celle d’une femme fatale, manipulatrice et au combien mystérieuse.

Charlotte Lelouch

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