Politique, Société

Istanbul : des milliers de femmes dans les rues pour dénoncer les violences à leur encontre

Hier, dimanche 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale de la femme, près de 6000 turques ont manifesté à Istanbul depuis la place Taksim jusqu’à la fin de la grande avenue Istiklal pour dénoncer les violences faites aux femmes en Turquie.

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« Nous voulons la liberté, nous voulons l’égalité, nous voulons nous battre pour la justice », ont scandé haut et fort plusieurs femmes turques et kurdes dans les rues stambouliotes dimanche 8 mars. Parmi elles, étaient également présentes des membres d’associations féministes turques réunies en partie pour dénoncer le viol et meurtre d’une étudiante turque survenu deux semaines plus tôt. « Nous sommes ici pour dire que tous les autres jours de l’année devraient être comme celui-ci, pour dire que les femmes existent, que nous voulons plus d’égalité, plus de justice et de liberté », insiste Yonca qui chante et danse au milieu de la foule.

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Mehmet Müezzinoğlu.

Dans le cortège, les femmes tenaient fièrement plusieurs banderoles sur lesquelles on pouvait lire : « la maternité n’est pas une « carrière » », « votre famille n’est pas notre fatalité », des phrases très symboliques en référence au discours tenu en janvier dernier par le gouvernement. Alors qu’il effectuait une tournée des maternités dans la capitale Ankara, le ministre turc de la Santé, Mehmet Müezzinoğlu, avait affirmé que les femmes ne devaient pas « mettre au centre de leur vie d’autres carrières que la maternité », avant d’ajouter que l’éducation des nouvelles générations devait être « au centre de leurs préoccupations ».

Quelques heures plus tôt, à Kadıköy, elles étaient aussi venues par milliers pour dénoncer la recrudescence des violences contre les femmes et la forme de complaisance qu’elles ressentaient de la part du parti au pouvoir. Ces manifestations féministes interviennent peu de temps après la mort d’Özgecan Aslan, une étudiante assassinée puis brûlée. L’assassinat de cette jeune fille avait déjà provoqué l’indignation des Turcs en février. Le gouvernement avait aussitôt réagi en promettant la plus grande sévérité contre les agresseurs de la jeune femme, certains ministres évoquant parfois même le retour de la peine de mort.

Aurore Cros

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