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Istanbul : Exposition « Mémoires d’archives : les recherches de Marcell Restle en Anatolie et au-delà »

Le Centre de recherches des civilisations anatoliennes de l’Université de Koç accueille une nouvelle exposition intitulée « Mémoires d’archives : les recherches de Marcell Restle en Anatolie et au-delà » dans le cadre du cinquième colloque international d’études byzantines de Sevgi Gönül.

L’exposition propose un panorama des recherches d’un historien d’art passionné, Marcell Restle (1932-2016), qui a consacré sa vie à l’étude de l’Asie Mineure durant l’Antiquité, l’époque Byzantine, mais aussi lors de l’époque des Seldjoukides ainsi que durant l’Empire ottoman.

Marcell Restle a enseigné dans les universités de Vienne et de Munich, tout en effectuant d’innombrables voyages d’études autour de la Méditerranée Orientale, notamment à Istanbul et en Anatolie, ce qui l’a amené à devenir un expert dans le domaine de l’histoire de l’art et de l’architecture. Restle fut un pionnier de l’étude systématique du patrimoine de la Cappadoce, l’un des carrefours de l’Anatolie ; ses études détaillées sur l’architecture byzantine et les peintures murales de cette vaste région sont considérées, à bien des égards, comme le début des études historiques sur l’art moderne de la Cappadoce.

Au cours de sa longue et passionnante carrière — qui en une soixantaine d’années lui aura malheureusement coûté sa vue —, Restle a créé une archive contenant des milliers de diapositives, photographies, documents écrits, dessins, ainsi que des enregistrements sonores et vidéos. Deux ans avant sa mort, en 2014, Restle a fait don de cette riche collection, fruit d’un travail minutieux, au département d’histoire de l’art de l’université de Vienne.

Sous la direction de Lioba Theis, Su Sultan Akülker et Caroline Mang, « Mémoires d’archives » présente une petite partie, mais non moins importante de sa collection des Archives de recherche numérique de Byzance qui porte les traces d’une vie consacrée à la science.

L’exposition comprend quatre sections se présentant comme des chapitres. Dans les trois premiers chapitres, les travaux de Restle à Istanbul, en Anatolie et dans la région du Hauran en Syrie, sont exposés de manière chronologique. Le quatrième chapitre présente quant à lui un bref compte rendu des archives.

En se concentrant sur les archives de recherche numérique de Byzance et en les complétant avec plusieurs autres collections, « Mémoires d’archives » explique aux visiteurs comment un chercheur organise sa journée de travail, de quelle manière il répartit son temps, quelles méthodes il préconisait, ou encore quels outils il utilisait à l’époque pré-numérique.

D’autre part, l’exposition vise à présenter de manière rétrospective l’état de nombreux biens culturels, dont la plupart ne sont plus que des souvenirs perdus dans des milieux urbains.

Qui était Marcell Restle ?

Restle est né le 15 janvier 1932 dans une petite ville du sud de l’Allemagne, à Bad Waldsee. Il était le cadet d’une famille d’artisans très attachés à son éducation. Son enthousiasme précoce pour l’art et l’architecture l’ont amené à étudier l’histoire de l’art, les études byzantines et l’histoire du christianisme au sein des universités de Tübingen et de Munich après avoir obtenu son diplôme du lycée de Bad Wurzach.

En 1956, grâce au service d’échange universitaire allemand, il obtient une bourse du gouvernement turc lui permettant de poursuivre ses études à l’université d’Istanbul où il suit des cours d’allemand et de turc avec des professeurs tels que Kurt Erdmann, Halet Çambel et Semavi Eyice. L’étude approfondie de l’art islamique en général et de l’art ottoman lui a notamment permis de s’ouvrir à de nouvelles perspectives.

Les études qu’il a faites sur l’Islam, sur les Seldjoukides, mais aussi sur l’art et l’architecture ottomane, ainsi que sur l’art byzantin ; les cours qu’il a donnés à l’université de Vienne et à l’université de Munich sur ces sujets ; et ses innombrables voyages d’études autour de la Méditerranée orientale, notamment à Istanbul et en Anatolie, ont fait de lui un expert dans le domaine de l’architecture, particulièrement dans la documentation systématique des bâtiments qu’il a étudiés.

En 1994, après avoir pris sa retraite de professeur à l’université, il a peu à peu créé une véritable collection d’archives (composée de 17 000 diapositives, de plus de 10 000 photographies en noir et blanc, de plusieurs documents, de divers croquis et dessins, ainsi que de nombreux documents audio et vidéo). Il fera don de cette collection aux Archives de recherche numérique de Byzance (DiFaB) du Département d’histoire de l’art de l’Université de Vienne en 2014. Marcell Restle décède le 25 janvier 2016 dans sa ville natale de Bad Waldsee, en Allemagne.

Vous avez jusqu’au 1 décembre pour découvrir l’exposition « Mémoires d’archives : les recherches de Marcell Restle en Anatolie et au-delà » au Centre de recherches des civilisations anatoliennes de l’Université de Koç !

Alexandre Gassier

 

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