Economie, Environnement, Société

Istanbul : l’industrie immobilière en compétition

Le « Sign of the City Awards » (SotCa), l’un des plus prestigieux prix de Turquie dans le domaine de l’industrie immobilière et de l’urbanisme s’est tenu mardi 28 novembre à Istanbul.

Près de 38 institutions ont été récompensées mardi 28 novembre lors du « Sign of the City Awards ». Cette compétition vise à récompenser, entre autres, des sociétés privées ainsi que des municipalités pour la mise en place de projets d’urbanisme innovants, classés en différentes catégories. C’est dans le cadre luxueux de l’hôtel Hilton Bomonti, dans le quartier de Şişli à Istanbul, sur la rive européenne, que s’est tenue la cérémonie. Elle était animée par Vuslat Doğan Sabancı, une membre du conseil d’administration du journal Hürriyet. Ce qui prouve que, en Turquie comme en France, les barrières sont fines entre les hautes sphères médiatiques et les grands entrepreneurs industriels.

Plus de 156 projets soumis par 68 institutions différentes étaient en compétition cette année. De nombreux prix ont été décernés à des projets relevant du domaine de la « conservation et du maintien de l’héritage culturel ». La municipalité de la province d’Edirne ainsi que celles de la province de Gaziantep, de Mersin et de Altındağ sont notamment sorties victorieuses dans cette catégorie.

Un ensemble de grands dirigeants d’entreprises industrielles étaient présents, tout comme le ministre de l’Environnement turc, Mehmet Özhaseki. Ce dernier a tenu un discours précisant le programme de transformation urbain du gouvernement. « Notre but est de rénover 7,5 millions d’immeubles », a-t-il déclaré. Près de 150 000 d’entre eux se trouveraient à Istanbul, tandis que le reste se trouverait dans différentes régions de Turquie.

Le ministre a également insisté sur la mise en place « de villes vertes aux identités distinctes », sans mentionner les projets qui posent de nombreux problèmes en terme écologique. Le creusement du « Canal Istanbul », qui devrait voir le jour en 2023, va par exemple très probablement entrainer, à ses abords, une altération grave des écosystèmes marins du littoral de la mer Noire. Cette indifférence vis-à-vis des enjeux environnementaux de la part de certains dirigeants industriels a d’ailleurs été pointée du doigt par Vuslat Doğan Sabancı lors de la cérémonie : « Nous sommes devenu étrangers à la nature, jusqu’à la détruire », a-t-elle déclaré.

Jean-Baptiste Connolly

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