Environnement, santé, Société

Istanbul respire à nouveau avec le confinement

Moins de transports, moins de demande, moins de production… Sans surprise, les mesures imposées par le gouvernement pour lutter contre la propagation du coronavirus ont joué en faveur de l’environnement. Dans certaines villes de Turquie, les animaux sauvages se sont même promenés, profitant d’un calme inhabituel.

Une chute spectaculaire

Selon Hüseyin Toros, professeur à l’Université technique d’Istanbul, les couvre-feux à l’échelle nationale en avril ont entraîné une diminution de la pollution de l’air à Istanbul. « Plus il y a de gens à la maison, moins nous voyons démissions polluantes. Cest pourquoi la pollution de lair a diminué à Istanbul ainsi que dans dautres villes par rapport aux années précédentes », a-t-il déclaré à l’Agence Anadolu.

D’après les données provenant des stations de mesure de la qualité d’air à Istanbul, les valeurs des particules, qui déterminent les niveaux de pollution de l’air, ont diminué le mois dernier de 28 % par rapport aux moyennes d’avril 2018 et 2019. La baisse la plus forte a été observée sur la rive européenne de la métropole, dans les quartiers peuplés de Başakşehir et d’Esenyurt avec une diminution respective de 45 % et 44 %.

Ce constat est essentiellement lié à une baisse des activités humaines des plus polluantes, telles que l’industrie, le trafic routier ou le transport aérien. Selon une étude récente publiée le 19 mai sur Nature Climate Change, du 1er janvier au 30 avril, une baisse de 8,6 % des émissions mondiales de CO2 a été enregistrée par rapport à la même période en 2019. Autrement dit, plus d’un million de tonnes évitées.

À travers le monde, des images de comparaisons avant/après confinement circulent où l’on peut voir l’amélioration de la qualité de l’air ou des eaux… et cela fait très peur.

La faune refait surface

Parallèlement à l’amélioration de la qualité de l’air, la nature, à son tour, reprend ses droits dans la plupart des villes turques.

À mesure que la circulation et le bruit diminuent, les animaux sortent de leur cachette, le tout offrant des scènes inédites : dans la province nord-ouest de Bursa, un ours brun eurasien a été aperçu près d’une station de téléphérique à la recherche de nourriture. À Çemişgezek, dans la province orientale de Tunceli, des chèvres de montagne sont descendues dans les rues vides. Dans le quartier de Sındırgı, à l’ouest de Balıkesir, des cigognes ont investi la place de la ville. À Istanbul, des dauphins ont été vus par le pont de Galata, près des rives de la péninsule historique de la ville.

Même si ces résultats montrent à quel point les activités humaines peuvent être nuisibles et destructrices, certains experts craignent que toutes ces améliorations soient à court terme et qu’après de longs mois d’arrêt, la relance économique soit une catastrophe. En Chine par exemple, une étude datant du 18 mai du Centre de Recherche sur les Énergies et l’Air Pur (CREA) démontre que la reprise économique, peu de temps après le déconfinement, a fait remonter le taux de pollution, maintenant beaucoup plus élevé qu’avant le confinement.

Abou el amaim Nada

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