Politique

Istanbul : une marée rouge pour la démocratie, les martyrs, et Erdoğan

C’est une véritable marée rouge qui a déferlé sur l’immense esplanade stambouliote de Yenikapı, sur les rives du Bosphore. Coup de force du Président Recep Tayyip Erdoğan, ce « rassemblement de la démocratie et des martyrs » est le point final de trois semaines de rassemblements spontanés dans de nombreuses villes du pays.

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À l’appel du Président Erdoğan, plus d’un million de personnes se sont rassemblées contre le putsch manqué de la nuit du 15 juillet. C’était également une occasion pour afficher leur unité face aux dernières critiques occidentales contre la purge massive menée par le gouvernement de Erdoğan depuis la tentative de coup d’État.

Avec pour nom le « rassemblement de la démocratie et des martyrs », cet événement est le point d’orgue de trois semaines de manifestations nocturnes des partisans de l’AKP sur les places de nombreuses villes du pays.

Sur des tracts distribués dans la ville, des slogans tels que « la démocratie triomphe, les places appartiennent aux peuples », ou encore, avec une pointe de fanatisme des pancartes brandies au milieu des milieux de drapeaux scandent: « Tu es un cadeau de Dieu, Erdoğan», « Ordonne-nous de mourir et nous le ferons ».

Un véritable coup de force du Président turc. Celui-ci en a par ailleurs profité pour montrer l’unité de son pays en invitant les dirigeants des partis laïque et nationaliste qui affichent leur soutien au gouvernement depuis cette nuit du 15 juillet.

Le parti prokurde HDP mis de côté

L’union nationale n’est cependant pas tout à fait complète. Le parti de gauche prokurde HDP (10% aux dernières élections) n’a pas été convié au rassemblement et son leader Selahattin Demirtaş n’a pas été invité à rencontrer Erdoğan comme les leaders des autres partis.

 L’opposition s’interroge déjà sur le fait de savoir si la restructuration en cours de l’armée, qui se fait sans droit de regard du Parlement, ne va pas trop loin. Des milliers de militaires, dont 40% de généraux, ont été démis de leurs fonctions. Au total, plus de 60.000 militaires, magistrats, fonctionnaires ou enseignants ont été interpellés, suspendus ou font l’objet d’enquêtes judiciaires.

 Ce n’est plus un secret, Recep Tayyip Erdoğan veut l’armée sous contrôle. Et c’est ce qui semble, entre autres, déplaire à ses détracteurs occidentaux.

Il souhaite que l’armée et les services secrets (MIT) soient placés sous le contrôle de la présidence. Ce changement suppose une révision de la Constitution et l’opposition doit être d’accord. Reste à savoir si l’avis de toute l’opposition sera consulté, ou non.

Guillaume Asmanoff.

1 Comment

  1. Karamemis

    Il y avait plus de 5 millions de personnes. Je pense que vous le saviez…

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