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Istanbul : Voyage en Capsule au Lycée Saint-Joseph

À l’occasion de la semaine de la Francophonie, découvrez au Lycée Français de Saint-Joseph l’exposition « Capsule » qui se tiendra jusqu’au 11 mai 2018.  Mercredi 21 mars, c’est en présence du directeur de l’établissement, M. Paul Georges, que le Lycée Saint-Joseph a ouvert ses portes aux curieux et amoureux de l’art pour un voyage exceptionnel qui débute au Centre de Sciences Naturelles pour finir dans une « Capsule » intrigante où les œuvres d’artistes turcs et français nous amènent à nous interroger sur nos modes de vie et notre façon d’approcher le futur.

Qui pourrait imaginer qu’au cœur d’un établissement scolaire l’on découvre la plus importante collection d’animaux naturalisés de Turquie ? C’est pourtant bien par le Centre de Sciences Naturelles du Lycée Saint-Joseph, qui s’étend sur environ 250m2, que l’on entreprend l’exploration de cette nouvelle exposition.

Au fil des salles, les visiteurs découvrent avec plaisir l’impressionnante collection d’animaux – mammifères, oiseaux, ou encore insectes et papillons -, de plantes fossilisées et de minéraux du lycée stambouliote, mais aussi du lycée américain Robert College. Fruit d’un travail scientifique de 140 ans, la collection met à merveille en valeur la biodiversité de la Turquie, mais retrace aussi l’origine de la vie et la menace que fait peser l’homme sur la nature.

Si la conception et la présentation de cette première partie de l’exposition – avec notamment des films et des sols en fonds de verre qui recèlent de coquillages et de diverses roches – est à saluer, le travail de restauration de M. Xavier Filoreau est tout bonnement exceptionnel. Épaulé par plusieurs élèves et responsables du Centre de Sciences Naturelles, le résultat explique que ce lieu accueille environ 5500 élèves visiteurs par an pour un moment pédagogique précieux.

Ce premier voyage se termine sur une phrase de François Mauriac annonciatrice : « Il ne sert à rien à l’Homme de gagner la Lune s’il vient de perdre la Terre ».

Nous voilà plongés dans la pénombre, quand, tout à coup, une étrange structure apparaît. Tout semble alors différent. Comme si nous avions traversé un vortex temporel, nous sommes propulsés face à cette fameuse « Capsule », conçue par Aslin Ersan, qui, de par sa structure immobile, sa pureté presque stérile, le silence qui y règne et sa lumière, nous transporte dans un futur imaginé par l’Homme dans sa quête d’éternité où le monde de surconsommation, d’accumulation et les tentatives de conservation ne suffisent plus.

L’une des commissaires de l’exposition, Gizem Karabaş, nous éclaire sur le concept. Inspirés par le Centre de Sciences Naturelles, la « Capsule » ainsi que les sept artistes turcs et les deux artistes français qui y exposent leurs artworks nous proposent un voyage dans un univers digne de la science-fiction où les dichotomies entre le vivant et le non-vivant, entre l’humain et le non humain, entre la culture et la nature, s’estompent. Mais ce sont aussi des « paysages futuristes créés à partir de restes, de débris et de survivants » qui sont proposés aux visiteurs.

Au milieu des nombreux visiteurs présents à l’inauguration et qui sont devenus par la force des choses des explorateurs de cette capsule, une pierre vivante se meut. Après l’étonnement et à l’instar du message de l’exposition, la pierre robotisée – « Sailing Stone V1.0 » – de l’artiste français Jonathan Bréchignac s’insère naturellement dans l’espace pour déambuler avec les voyageurs sur quelques mètres.

L’on ne peut être qu’intrigué et admiratif par les œuvres exposées, dont celles de Jonathan Bréchignac qui nous présente sa seconde œuvre « Svalbard ». Un nom qui n’est pas choisi au hasard puisqu’il fait référence à l’archipel norvégien de l’Océan Arctique, aux 2/3 protégé, qui fascine les voyageurs ainsi que les scientifiques et qui est devenu, avec la Réserve mondiale de semences, « l’arche de Noé » de la Terre.

Un thème qui a visiblement inspiré l’artiste : « Je trouvais fascinante et romantique l’idée d’un coffre fort des richesses de la planète et de la nature ». M. Bréchignac explique que, s’intéressant « aux objets et petites choses de la nature qui ont une aura et une beauté particulière, j’essaye de les mettre en valeur, de les magnifier dans de la fausse glace faite à base de résine et avec la lumière provenant de diodes lumineuses pour rappeler la préservation des trésors de la nature ». Évoquant l’installation, l’artiste souligne qu’il a voulu représenter « un ensemble interconnecté de cellules qui dépendent les unes des autres où la technologie a toute sa place », avant d’ajouter que « c’est un jeu entre l’avancée technologique et la nature, mais aussi pour rappeler le fait que tout ce que l’on produit provient d’une seule chose : ce que nous offre la nature ».

Le message est là. La nature est à la base de tout et l’Homme, détestant sa propre création qu’est le temps et ses implications pour la vie humaine, semble finalement y revenir de diverses façons à l’instar des œuvres des artistes réunis au sein de cette capsule.

Voici un avant-goût de cette exposition fascinante dans laquelle vous découvrirez aussi les œuvres de Sena Başöz, Jeanne Briand, Shezad Dawood, Ekin Kano, Lara Ögel, Ayça Telgeren, Pınar Yoldaş et Bahar Yürükoğlu, qui ont chacune leurs histoires et leurs messages.

Le Centre de Sciences Naturelles et « Capsule » sont ouverts au public du 21 mars au 11 mai, de 15h à 18h, du lundi au vendredi.  

Camille Saulas

Quelques photos du vernissage :

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