Culture, Découverte, Gastronomie

J’ai été invité à fêter le Kurban Bayramı à Sakarya

Ces quatre derniers jours, alors qu’Istanbul avait des airs de ville fantôme, le pays entier préparait et célébrait son traditionnel Kurban Bayramı ou fête du sacrifice. L’occasion pour l’un de nos collaborateurs français de vivre une expérience unique, qu’il nous raconte.

Quel honneur ce fut pour moi, hôte venu d’outre-frontière, que cette participation à une célébration religieuse et familiale. A cette fête du sacrifice, c’est la famille Öcal, originaire de Sakarya, une ville proche de la mer de Marmara et située à deux heures d’Istanbul, qui m’a gracieusement convié. Le trafic monstre de ce week-end m’aura permis de travailler mes phrases de présentations les plus solennelles. En effet, ce n’est qu’après 3h45 de route que, dans le cadre d’un somptueux dîner, j’ai enfin pu mettre des visages sur la multitude de patronymes et de descriptions que l’on m’avait jusqu’alors énuméré. Le lendemain, réveil à l’aube et visite à la mosquée du « 17 Ağustos »  de Sakarya.

L'Imam dans l'expression de ses sermons / Bayram

L’Imam dans l’expression de ses sermons

Au bout d’environ une demi-heure, tous les fidèles se sont levés pour s’embrasser, discuter et échanger avec leurs connaissances respectives devant la Mosquée. Place ensuite au fameux sacrifice de l’animal où j’ai pu être le témoin privilégié de plusieurs méthodes. Certains préfèrent l’entreprendre eux même, à domicile et en famille, en ayant préférablement déjà acheté l’animal. D’autres se rendent à l’abattoir, pour acheter l’une des sept parties de l’animal, équitablement distribuées et tirées au sort. Le prix varie entre 800 et 950 türk lirası les 30-35 kilos de viande en fonction de la viande achetée (mouton, veau, bœuf). En vertu de cette méthode, on dénomme ensuite un abatteur qui, après avoir demandé si chaque personne présente était d’accord pour tuer l’animal au nom d’Allah, l’immole aux yeux de tous.

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L’exécuteur demande à l’audience la permission d’égorger l’animal

Nous consacrons les jours suivants à visiter ou recevoir famille et proches, qui vivent aux alentours de la ville. En moyenne, j’ai pu compter entre 15 et 20 visites par jour, d’une durée allant de 15 minutes à une heure selon le degré d’intensité de la relation entretenue. Les plus jeunes déboulent à l’improviste chez les plus anciens pour leur souhaiter une bonne fête : « Iyi Bayramlar ! ». Les appartements sont surpeuplés, et les vas-et-viens ne cessent en général qu’à partir de 22h. Le Kurban Bayramı est traditionnellement marqué par l’importance du partage et de la solidarité, j’en veux pour preuve ma présence dans une famille qui ne me connaissait pas avant mon arrivée. Je tiens donc à profondément remercier la famille Öcal pour cette invitation et ces découvertes.

Camille Pougeux

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