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Journée de la liberté de la presse… Qu’en est-il vraiment en Turquie?

Ce n’est pas un si bon jour pour ces fêtes de la liberté de la presse… Celle-ci se dégrade de plus en plus et la Turquie fait partie des mauvaises élèves.

Journalist_desk

Reporter Sans Frontière a diffusé un classement sur la liberté de la presse dans le monde en 2015. Ce classement de la liberté de la presse dans 180 pays, publié depuis 2002, s’appuie sur une série d’indicateurs: pluralisme, indépendance des médias, environnement et autocensure, cadre légal, transparence, infrastructures et exactions. Résultat des courses, cette liberté est en recul dans le monde.

Pour Reporter Sans Frontière « Les raisons du recul de la liberté de la presse sont nombreuses : dérive liberticide des gouvernements, comme en Turquie ou en Egypte, prise de contrôle des médias publics, y compris en Europe, en Pologne par exemple, situations sécuritaires de plus en plus tendues, en Libye et au Burundi, ou carrément catastrophiques, comme au Yémen. » De plus, « aujourd’hui, il est de plus en plus facile pour tous les pouvoirs de s’adresser directement au public grâce aux nouvelles technologies, et donc il y a une violence plus grande contre tous ceux qui représentent l’information indépendante. »

La Turquie en mauvaise position

La Turquie est positionné à la 151e place sur 180 pays. Elle est loin dèrriere les Etats-Unis (41e place) alors que le président rejete « toute leçon de démocraties » de la part des Occidentaux en matière de liberté de la presse lors de son déplacement sur le territoire de la bannière étoilé. Mais la Turquie est aussi un mauvais exemple pour l’exercice du journalisme.

Les journaux ou les magazines proches de l’imam Fethullah Gülen, ennemi intime du président turc, ont été mis sous tutelle par le gouvernement, Zaman en est l’exemple le plus récent. Des médias kurdes ont été fermés pour leur proximité présumée avec le PKK.

Le 28 décembre dernier , le pacifiste convaincu, Naji Jerf, rédacteur en chef de Hentah, a été tué par balle en plein jour dans une rue de la ville turque de Gaziantep. L’auteur du crime est un terroriste de l’organisation de l’Etat islamique. Le journaliste était un opposant au régime de Bachar al Assad, et contre les crimes de l’organisation terroriste Daesh.

Can Dündar, le rédacteur en chef de Cumhurriyet, est toujours en procès. Il risque même la prison à vie pour « espionnage ». Il a déjà été condamné à 28 650 livres turques (près de 9 000 euros) pour « insulte » au président turc.

Toural Kerimov, journaliste à Sputnik, avait été stoppé à l’aéroport d’Istanbul et il a été reconduit à prendre un billet retour. La veille, c’est un journaliste allemand, Volker Schwenck, qui a eu droit au même sort. Il était arrivé depuis le Caire, là où il travaille, et voulait réaliser un reportage auprès des réfugiés à la frontière syrienne.

Plus récemment, deux journalistes turcs de  Cumhuriyet ont été jugés et condamnés pour avoir diffusé le 14 janvier 2015 un dessin de Charlie Hebdo dans leurs colonnes. Leur peine s’élève à 2 ans de prison pour « Incitation à la haine » et « insultes aux valeurs religieuses ».

Ebru Umar, journaliste néerlandaise et éditorialiste du quotidien Métro, arrêtée puis assignée à résidence. Cette farouche opposante au pouvoir turc est interdite de quitter le pays et doit se présenter dans un commissariat, deux fois par semaine. Elle avait insulté le président turc sur Twitter.

La presse, un monde de silence… «Je ne suis pas en guerre contre les médias », a déclaré le président lors de son voyage aux États-Unis, le 31 mars.  Cependant, en 2014, Twitter et YouTube, que le chef de l’État avait qualifiés de « menace pour la société » et promis d’« éradiquer », ont été brièvement fermés. 42 000 sites ont été bloqués cette même année. Mauvais jour pour les médias.

D.A.

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