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Journée meurtrière pour les chiites à Bagdad

Mercredi noir pour l’Irak. Ce 11 mai 2016, la capitale irakienne, Bagdad, a subi une série de trois attentats à la voiture piégée. Revendiqués par l’organisation Etat Islamique, ces actes illustrent bien la violence qui règne au Proche-Orient.

Iraq-Map

Au moins 94 morts et 150 blessés en une seule journée et dans une seule ville, voilà qui pourrait résumer ce qu’il s’est passé à Bagdad hier. Mais est-il possible de résumer un tel chaos ? De l’Irak à la Syrie, en passant, dans une moindre mesure, par la Turquie, le terrorisme tend à faire partie intégrante de la vie des populations.

Trois attentats à la voiture piégée ont touché l’Irak en plein coeur. Le plus meurtrier s’est produit dans la matinée, à proximité d’un marché bondé du quartier chiite Sadr City. Dans les heures ayant suivi cette attaque, un autre quartier chiite, Kazimiyah, et le mixte (sunnite-chiite) Jamea ont été visés. Le choix de ces quartiers n’est pas anodin.

Pour rappel, depuis le renversement du gouvernement bassiste de Saddam Hussein suite à l’intervention américaine en 2003, l’Irak est un Etat fédéral dans lequel le communautarisme domine. Depuis lors, Bagdad est la capitale du régime central composé majoritairement d’acteurs politiques chiites, Erbil est celle du Gouvernement régional du Kurdistan dirigé par les Kurdes, et une partie des Irakiens sunnites, se sentant marginalisés, ont basculé vers l’islamisme. C’est dans ce contexte qu’il faut inscrire les évènements d’hier. Si l’organisation Etat Islamique sévit au Proche-Orient, ses actions en Irak prennent ainsi une résonance particulière. Profitant de la cristallisation des identités, ces djihadistes ciblent précisément une partie de la population : les chiites mais aussi les sunnites qui se mélangent aux premiers.

Alors que les forces irakiennes avaient repris du terrain face à l’EI ces derniers mois grâce au soutien de la coalition internationale, ce mercredi noir, le plus meurtrier depuis le début de l’année en Irak, suscite tant de l’incompréhension que de la colère au sein de la société civile. Des dizaines de personnes ont manifesté en ce sens, tenant le gouvernement pour responsable de l’insécurité dans ce pays. En outre, la grave crise politique qui le traverse depuis plus d’un mois, provoquée par l’absence d’une consultation populaire au sujet d’un nouveau gouvernement, risque de s’aggraver avec ces failles sécuritaires.

Dans un communiqué publié sur le site du ministère des Affaires étrangères turc hier, le gouvernement a exprimé ses condoléances et son soutien au peuple et aux autorités irakiennes. Les relations entre l’Irak et la Turquie étant en proie à de vives tensions, notamment en raison des relations commerciales privilégiées entre Ankara et Erbil, il est intéressant de noter que le gouvernement turc tient tout de même à maintenir des relations cordiales avec ce pays qui est l’un de ses voisins immédiats.

Kiymet Altan

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