Art, Culture, Société

Joyeux quatre ans, Paros !

Hier, mercredi 7 octobre, le magazine culturel Paros fêtait son quatrième anniversaire dans le cadre somptueux du Consulat grec, à Taksim. A l’occasion, nous avons pu rencontrer deux de ses trois fondatrices, Mayda Sarıs et Elenka Eldek Çadırcıoğlu.

 Paros

Dans le magnifique décor du Consulat grec, situé sur Istiklâl Caddesi, la cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités importantes, telles que le Consul général de Grèce à Istanbul, le Patriarche orthodoxe de Constantinople, Bartholomée 1e, et l’Archevêque Aram Atesyan de l’Eglise apostolique arménienne de Turquie.

Pour l’évènement était organisé le vernissage de l’exposition de l’artiste arménien Sargis Mouradian, décédé en 2007. Sa fille, présente à la cérémonie, a prononcé quelques mots en son honneur.

Paros, magasine multiculturel

Paros est un magazine culturel qui vise à mieux faire connaître les minorités de Turquie, dans une optique de dialogue entre les cultures, de tolérance et d’harmonie. Le « Phare » (traduction de « Paros » en grec et en arménien) se veut un lien entre les différentes cultures qui coexistent en Turquie, un « point de réunion », selon les mots de Mme Saris.

Le journal est géré depuis l’origine par trois femmes francophones, anciennes élèves des lycées St Benoît et Notre-Dame de Sion : la journaliste Mayda Saris (rédactrice en chef), Elenka Eldek Çadırcıoğlu et Talin Etyemez. Mme Saris nous confie que leur éducation « à la française » est certainement ce qui a fait la force de leur trio et leur a permis de « résister » dans une société profondément masculine, voire machiste. En quatre ans, le magazine est passé de 100 à plus de 200 pages et tire désormais à près de 5000 exemplaires, avec des abonnés dispersés dans le monde entier, notamment aux Etats-Unis et en France.

Œuvrer pour une meilleure intégration, pas pour l’assimilation

D’ailleurs, Mme Saris est fière de nous annoncer que Paros a tout récemment fait l’objet d’un mémoire à l’université de Kocaeli. Une interview avec l’auteur, Berken Döner, est à retrouver dans leur tout dernier numéro. Etudiante à l’Institut de Sciences sociales de l’université de Kocaeli, Berken écrit déjà pour le l’hebdomadaire juif Şalom. Elle nous confie que si les minorités se battent effectivement pour préserver leurs spécificités culturelles et identitaires, l’objectif de Paros n’est en rien de rejeter la culture dominante. De fait, de l’Empire à la République, il y a toujours eu un effort d’assimilation des minorités considérées notamment sous la République comme un lègue de l’Empire. Or, par rapport aux autres médias, Paros ne fait preuve d’aucun rejet de la culture dominante. Son but est plutôt de rassembler les minorités pour les aider à trouver leur place au sein de la société turque, dans un esprit multiculturel, de consensus et d’harmonie.

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Mme Saris nous confie que ce dont elle est le plus fière au sein du journal est de pouvoir parler des minorités de façon juste et plus objective, loin des clichés généralement relayés par les grands médias, et sans implication politique. Selon elle, « la culture des minorités est indissociable de la culture turque », et Paros a véritablement à cœur de mettre en lumière ces interactions.

Paros doit toutefois faire face à un problème récurrent : le manque de financement. Le magazine n’est en effet pas sponsorisé et vit principalement de la publicité, nous confie sa rédactrice en chef. Cette difficulté empêche notamment la revue de publier le contenu en deux langues, turque et anglais, ce qui permettrait d’atteindre un lectorat plus large. De fait, seulement certains articles sont traduits en anglais.

Quant à nous, nous souhaitons longue vie à cette initiative originale qui œuvre pour l’entente et le vivre ensemble des différentes communautés composant la société turque.

 

Mireille Sadège & Coralie Forget

 

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