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Kebab : ça sent le roussi !

Le döner kebab, cette spécialité turque mondialement connue et appréciée, va-t-il disparaitre sous sa forme actuelle dans les pays de l’Union européenne ? C’est la crainte qui plane depuis que, mardi 28 novembre, des députés européens ont annoncé qu’ils envisageaient de faire interdire le phosphate dans les kebabs pour des raisons de santé publique.

À Strasbourg, on envisage d’interdire dans les pays membres de l’Union européenne l’utilisation d’additifs alimentaires – en particulier les phosphates qui permettent de conserver la saveur et le moelleux de la viande – dans la viande de kebab.

Aujourd’hui, la règlementation européenne n’autorise pas l’utilisation d’additifs phosphatés dans la viande transformée, mais de nombreuses exceptions à la règlementation existent. Ainsi, la Commission européenne a soumis au Parlement une proposition visant à revoir cette interdiction. C’est alors que des députés de la commission de la santé du Parlement européen ont entrepris de faire front.

En Turquie, certains acteurs de l’industrie estiment que l’objectif des députés est de mettre à mal les entreprises appartenant à des Turcs.

Du côté de l’Allemagne, pays européen où l’on consomme et où l’on produit le plus ce fameux sandwich turc – selon le journal allemand Bild, le marché du kebab serait porteur de 110 000 emplois dans le pays -, c’est l’indignation.

La polémique enfle : cette substance présente dans la viande surgelée et utilisée dans la viande des kebabs est-elle nocive pour santé ?

Selon les députés de la commission de la santé du Parlement européen qui envisagent l’interdiction des phosphates, il y aurait un lien entre les additifs phosphatés présents dans l’alimentation et les risques cardiovasculaires. Pour avancer ceci, les députés, inquiets, se basent sur une étude scientifique de 2012, mais aussi sur une seconde étude scientifique américaine datant de 2013 qui confirmerait cette conclusion.

Néanmoins, l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) a « affirmé qu’il n’était pas possible d’attribuer ce risque à l’absorption de phosphore en général ou aux additifs phosphatés », indique le communiqué du Parlement européen.

Par ailleurs, si les propriétaires de restaurants à emporter et les groupes industriels expliquent que les additifs sont nécessaires pour garder la viande juteuse, certains défenseurs du kebab estiment cette attaque ridicule, pointant du doigt d’autres produits dont la nocivité n’est plus à démontrer.

Le Parlement, en séance plénière, devra trancher à partir du 11 décembre sur la question.

Camille Saulas

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