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Kobané pour l’Histoire

Face aux chars et aux fantassins djihadistes de l’EI déferlant sur Kobané, les résistants kurdes du PYD maintiennent leurs efforts depuis maintenant plus d’un mois. Le drapeau noir des hommes d’Al-Baghdadi ne flotte plus sur la colline surplombant la ville, les civils syriens ont pour la plupart quitté les lieux, réfugiés en zone-frontière. Ne restent plus que des combattants, kalachnikov en mains, les uns défendant leur territoire, les autres à la poursuite d’une conquête macabre.

Kobané

Kobané

Aviation américaine

Si l’OTAN et la Coalition plaident pour une intervention militaire concrète et convaincante, les faits ne viennent compléter les dires, exception faite des Etats-Unis. Déjà présents en bombardant les zones externes à Kobané, l’armée américaine ne fait pas seulement reculer les troupes islamistes, depuis dimanche, elle multiplie également les parachutages d’armes au sein des quartiers dirigés par les combattants kurdes du PYD.

Peshmerga & Armée Syrienne Libre

Répondant à l’appel de Massoud Barzanis, président du Kurdistan Irakien, nombreux sont les peshmergas qui, ces derniers jours, ont rejoint la ville de Kobané pour y combattre aux cotés des Kurdes de Syrie. Bien que les différences entre les deux groupes soient notables, les liens ethniques entre kurdes viennent tisser une alliance de poids dans ce combat initié le 16 septembre dernier. Un millier de partisans de la Syrie Libre sont eux-aussi entrés dans Kobané, pas illogique quand on sait qu’en 2011, la ville fut l’une des toutes premières à protester contre le régime de Damas.

Kobané, bien plus qu’une bataille

Face à la résistance et à l’abnégation des combattants du PYD, l’EI s’est empressé d’appeler un large renfort venu de Rakka, son quartier général. Kobané, ville isolée, sans grand intérêt si ce ne sont ses kilomètres de frontière, Kobané, ville perdue dans une Syrie aride, et pourtant Kobané qui résiste et garde espoir face à la force et la supériorité technique d’une armée fanatique qui progresse vite, trop vite. Si les bombardements de la coalition persistent, affaiblissant les positions djihadistes, et si armes, soins et munitions continuent de pleuvoir sur la ville, les résistants pourront compter sur leur connaissance du labyrinthe de béton, théâtre de leur ancien quotidien, pour prendre le dessus stratégiquement. Un sniper embusqué peut ratisser longtemps avant de se faire débusquer. L’emporter contre l’EI serait bien plus qu’une victoire, cela porterait un coup d’arrêt brutal à la propagande djihadiste. Mais nous n’y sommes pas encore, pas encore…

Maxime Tettoni

 

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