Découverte, Sport

La 27e traversée du Bosphore à la nage en images et vidéos

Parés pour traverser le Bosphore à la nage ? Nous, peut-être pas, mais eux si ! Ils étaient près de 2 000, à quasi parité entre Turcs et étrangers, ce dimanche 26 juillet à tenter la traversée du Bosphore à la nage, de l’Asie vers l’Europe. Un parcours exceptionnel de 6,5 km, plus relevé que lors des éditions précédentes, le tout dans une ambiance conviviale.

Organisée depuis 1989, cette course propose un défi exceptionnel : traverser un détroit et relier par la même occasion deux continents ! Dans le même temps, elle s’inscrit dans la démarche « sport pour tous » mise en œuvre par le Comité olympique turc, le Türkiye milli olimpiyat komitesi.

Aucune qualification préalable n’est requise, et des maillots sont mêmes vendus sur l’aire de préparation. Au cas où ?

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8h30. Les participants arrivent sur l’aire de préparation, le parc Cemil Topuzlu situé à Kuruçeşme, au niveau du pont Boğaziçi sur la rive européenne. Ils sont 1988 à s’être inscrits, 1832 à avoir pris le départ et 1805 à avoir rallié l’arrivée (27 abandons). Ils sont Turcs pour plus de la moitié (1096) et les plus grands contingents de nageurs étrangers viennent de Russie (251), du Royaume-Uni (153) et d’Italie (99). Seuls sept Français (six hommes et une femme) y ont participé.

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Deux athlètes russes.

Sur l’aire de préparation à Kuruçeşme, où règne une ambiance conviviale sur fond de musique de discothèque, les nageurs s’équipent entre amis ou en famille. Nous y faisons la connaissance de Sergueï et Alexander : « On est venus spécialement de Russie pour la course. Il y a des quotas par nation et on est très heureux de faire partie des 251 nageurs russes qui ont pu s’inscrire. On est pas vraiment stressés de nager dans le détroit du Bosphore, ce n’est que du plaisir ». Venus en nombre, les participants russes sont choyés par l’organisation, qui traduit toutes les annonces dans leur langue.

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9h20. Il est temps d’embarquer tout le monde vers le point de départ de la compétition, le petit village de Kanlıca, sur la rive asiatique au pied du pont Mehmet le Conquérant au nord-est d’Istanbul. Un bateau transportera les VIP, principalement les familles des salariés de l’entreprise sud-coréenne Samsung, sponsor officiel depuis onze ans. Un autre transportera les journalistes, et dix petits bateaux accueilleront les juges. D’après Bahtiyar Özçaldıran, leur coordinateur, les juges sont chargés de faire respecter une règle unique, le port du bonnet numéroté du départ à l’arrivée, et de prendre en charge les éventuels abandons.

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Les nageurs embarquent eux à bord d’un vapur, ces navires de transports publics qui font habituellement la traversée plusieurs fois par jour, réquisitionné spécialement pour l’occasion. Ils voguent pendant une vingtaine de minutes pour s’arrimer au point de départ. L’ambiance est festive, les bras sont levés pour saluer VIP et journalistes. Ce sont les participants turcs qui s’exclament le plus fort, entonnant de célèbres slogans des stades de football : « Bir … İki … Üç ! » (un, deux, trois) ou encore des « Tür-ki-ye ; Tür-ki-ye ! » (Tur-quie).

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10h. Le départ est donné, tout le monde se jette à l’eau dans des éclats de rire.

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Finie la rigolade, maintenant il faut parcourir 6,5 km jusqu’au parc Cemil Topuzlu. Avant que notre bateau ne se remette en route, seul le fracas des bras à la surface de l’eau vient rompre le silence. Un banc de poisson parti à vive allure dans les eaux du Bosphore interdites aux cargos pendant trois heures.

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Pendant ce temps sur l’aire d’arrivée, certains spectateurs guettent leurs proches, d’autres vont s’informer auprès de la table de presse d’une association de riverains opposés à un projet portuaire élaboré par l’agglomération d’Istanbul (nous en parlions dans un article précédent et dans l’édition de juin 2015 de notre mensuel). Ces manifestants ne troublent pas le déroulement de la compétition et l’organisation leur permet de diffuser leurs affiches et pancartes sur tout le site.

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L’arrivée du premier.

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Virginie, participante française.

Vers 11h, les premiers arrivent, les suivants n’ont pas tous la même fraîcheur : certains titubent, d’autres sont saisis de crampes. Nous croisons Virginie, une jeune Française heureuse d’achever sa deuxième traversée du Bosphore. A la télévision turque, elle raconte les conditions particulièrement difficile cette année : « L’eau était vraiment froide comparée à l’année dernière. C’est vrai qu’il y avait aussi énormément de méduses, certaines d’une taille impressionnante, mais le plus pénalisant était l’absence de courant favorable et le vent contraire. Mais je suis quand même ravie d’avoir pu terminer une course aussi exceptionnelle. »

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Nilay Erkal.

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Une prouesse pour la jeune turque Nilay Erkal. A tout juste seize ans, elle décroche la palme de la course. Première dans sa catégorie (14-18 ans) et meilleur temps féminin (1h 04m 53s), la jeune femme qui tient sa coupe avec fierté exprime sa surprise d’avoir remporté une telle compétition : « C’est fou ! Je n’ai que seize ans ! C’est incroyable !»

A son arrivée, le public a acclamé avec ferveur la troisième personne à sortir des eaux du Bosphore et également la première femme.

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Sur le podium masculin, Bertuğ Coşkun (1h 01m 21s), Emre Öztürk (1h 03m 06s) et Claudio Gargaro (1h 05m 01s) se partagent respectivement la première, deuxième et troisième place. « C’était merveilleux », explique le grand gagnant de la course qui enchaîne les interviews. « Plus difficile que la course précédente car cette année on devait nager contre le courant. J’avais mis quarante minutes l’an passé contre une heure aujourd’hui », détaille-t-il. Ses efforts ont été récompensés puisqu’il a grimpé cette année une marche de plus sur le podium, la plus haute.

Records en vrac :

Les plus vieux participants :

H/ 77 ans : Samı GEMICIOĞLU (2h 02m)

H/ 85 ans : Levent AKSÜT (n’a pas fini)

La plus vieille participante :

F/ 70 ans : Fatma İnci OKUTAN (1h 51m)

Le plus rapide :

22 ans : Bertuğ COŞKUN (1h 01m 21s)

La plus rapide :

16 ans : Nilay ERKAL (1h 04m 53s)

Dr. Hüseyin Latif, Directeur de la publication

Florie Cotenceau & Damien Lannaud

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