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La canicule au Pakistan fait plus de 1000 morts

La canicule sévit depuis une semaine au sud du Pakistan. Le bilan aurait dépassé les 1000 morts selon les hôpitaux et ONG locaux, principalement à Karachi, où les températures atteignent les 45°C.

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Pas moins de 20 millions d’habitants suffoquent à Karachi et dans sa banlieue. L’état d’urgence a été déclaré dans la province du Sind, où se trouve la capitale pakistanaise : le gouvernement et l’armée ont mis leurs services et hôpitaux à disposition pour soigner les milliers de victimes de malaises et de déshydratation, et les médecins en vacances ont été rappelés. Les journées de mardi et mercredi avaient également été déclarés fériés pour encourager la population à rester chez elle à l’abri du soleil. En effet, de nombreuses victimes sont à déplorer parmi les travailleurs, qui doivent parfois exercer en plein soleil.Pakistan_2

Coupures d’électricité

Cette canicule est, de plus, aggravée par des coupures d’électricité – quotidiennes dans le pays – allant jusqu’à plusieurs heures par jour. Dans ces conditions, il est difficile pour les habitants de se rafraîchir avec les ventilateurs et climatiseurs. Le système d’acheminement de l’eau de Karachi se trouve lui aussi perturbé, ce qui est d’autant plus difficile à gérer pour la mégalopole que certains quartiers et bidonvilles ont mis au point des systèmes clandestins de détournement des canalisations.

Ramadan : certains leaders religieux appellent à ne pas jeûner

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Pour ajouter une difficulté à une situation déjà bien critique, la vague de chaleur coïncide avec le ramadan, qui a débuté le 18 juin dernier. Pendant quatre semaines, les musulmans pratiquants s’abstiennent de manger et de boire du lever au coucher du soleil. Ainsi, pour éviter d’aggraver le mal, certains leaders religieux ont appelé mardi les plus âgés et les plus faibles à ne pas jeûner, notamment à Karachi, en rappelant que cela était permis par le Coran « pour préserver la santé de ceux qui risquent de tomber malades ou mourir » en cas de jeûne prolongé.

En Chine, le ramadan interdit

Dans l’ouest de la Chine, dans la région du Xinjiang, le Ramadan ne met pas en danger la vie des habitants mais a pourtant bel et bien été interdit. Cette décision du gouvernement crispe les Ouïghours, un peuple musulman – et ethniquement comme linguistiquement apparenté aux Turcs – qui ne peut pas librement pratiquer sa religion. Pékin a en effet ordonné aux restaurants, mêmes religieux, de rester ouverts en cette période de jeûne et les étudiants, professeurs et fonctionnaires ont également l’interdiction de pratiquer le jeûne de l’aube au crépuscule comme l’impose le Coran aux pratiquants.

Une interdiction fortement critiquée par l’Union internationale des savants musulmans (IUMS) qui a publié jeudi un communiqué pour exhorter le parti communiste chinois à cesser cette « persécution religieuse et ethnique des musulmans, particulièrement dans la région autonome du Xinjiang », rappelant qu’une telle décision était « contraire au droit chinois et au droit international ». Un appel a été lancé pour demander le respect des droits des musulmans, dans un pays où le pouvoir communiste autoritaire cherche à tout prix à restreindre les pratiques religieuses.

Noémie Allart

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