International, Politique

La Côte d’Ivoire adopte une nouvelle Constitution par référendum

Le dimanche 30 octobre, 6,3 millions d’Ivoiriens étaient appelés à se rendre aux urnes pour voter « oui » ou « non » à une nouvelle Constitution. Mardi 1er novembre, le président de la commission électorale indépendante, Youssouf Bakayako a annoncé que le « oui » l’avait emporté à 93,42% des voix pour un taux de participation de 42,42%. Le texte de loi voulu par le président Alassane Ouattara a donc été adopté.img_1318Cette nouvelle constitution était l’une des promesses du président Alassane Ouattara lors de sa campagne présidentielle pour son second mandat en 2015. Il voit dans l’adoption de ce nouveau texte « la garantie d’une assurance-vie pour la paix » en Côte d’Ivoire.

Une nouvelle Constitution ivoirienne signe effectivement l’avènement d’une troisième République plus paisible en ce sens que, depuis la mort de son premier président Félix Houphouet Boigny en 1993, le pays traverse une crise de succession de ses chefs d’État.

Cette crise de succession s’est transformée en un conflit identitaire qui s’est malheureusement bien ancré dans les mœurs ivoiriennes. Ceci a fait naître une paranoïa autour du concept d’ivoirité, l’un des points principaux qui a été exclu de cette nouvelle constitution.

Un renouveau constitutionnel  

Un quart de la population ivoirienne est étrangère. Un recensement effectué en 1998 observait qu’il y avait 26% d’étrangers dans le pays, provenant principalement des pays d’Afrique de l’Ouest pour travailler dans les entreprises du nord de la Côte d’Ivoire au début des années 1970. Le concept d’ivoirité qui s’apparente quelque peu au concept de « préférence nationale » a marginalisé ces populations du nord du pays à qui le président Félix Houphouet Boigny avait généreusement attribué la nationalité ivoirienne. Cela a fait naître des tensions entre les populations du nord et celles du sud, mais également des tensions religieuses entre les musulmans présents au nord et les chrétiens qui vivaient dans le sud.

Le président Alassane Ouattara a été officiellement l’un des premiers à souffrir de ce concept d’ivoirité mis en place par son opposant Henri Konan Bedié en 1993. En 1995 et en 2000, la candidature à la présidence de la république ivoirienne d’Alassane Ouattara n’a ainsi pas pu être acceptée pour cause de « nationalité douteuse ».

Aujourd’hui, il met donc un point d’honneur à retirer ce concept inscrit à l’article 35 de la précédente constitution. Il clarifie ainsi les conditions d’éligibilité du président de la République de Côté d’Ivoire selon lequel le président « doit être Ivoirien d’origine, né de père et de mère eux-mêmes ivoiriens d’origine ». Ce nouveau texte prévoit aussi la création d’un poste de vice-président qui devrait assurer la vacance présidentielle en cas d’empêchement de ce dernier et d’un Sénat.

La réponse de ce référendum était quelque peu évidente puisque l’opposition avait annoncé le boycotte du scrutin. Ils estiment que ce texte entièrement élaboré par le président et des experts est une manœuvre de ce dernier pour assurer sa propre succession au pouvoir.

Leur absence au référendum justifie le faible taux de participation de 42,42%. Espérons que ce nouveau texte puisse comme le président Alessandro Ouattara l’a exprimé « tourner définitivement la page des crises successives ».

Pascale-Mahé Keingna

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